Cancer testiculaire : sexualité et fertilité
La fertilité et le traitement du cancer du testicule

L’objectif des traitements contre le cancer des testicules est de te sauver la vie et de faire en sorte que tu puisses vivre aussi sainement et heureusement que possible. Mais bien sûr, comme tout traitement, ils peuvent entraîner des effets secondaires.
Parfois, les traitements peuvent rendre plus difficile (voire impossible) le fait d’avoir des enfants naturellement. Par « naturellement », on entend avoir des relations sexuelles, éjaculer (ou jouir) et que ta partenaire tombe enceinte. Tu sais, toute cette histoire de la petite graine.
Les traitements peuvent vraiment avoir un effet sur la qualité de ton sperme. Parles-en donc avec ton médecin pour bien comprendre les risques. Une fois que tu auras une idée claire de ta situation, tu pourras établir un plan pour prélever et conserver du sperme à l’avance.
Avant de commencer un traitement contre le cancer du testicule : parle de fertilité
La fertilité devrait faire partie de ta première conversation avec ton équipe. Si ce n’est pas le cas, assure-toi d’en parler dès que possible. Tu pourrais te sentir nerveux ou mal à l’aise d’aborder le sujet. Tu pourrais aussi te demander s’il est trop tôt. Ne t’inquiète pas pour ça : c’est justement le bon moment pour discuter de tout cela, et ton équipe a déjà eu ce genre de conversation des milliers de fois.
Assure-toi que ton médecin (probablement un urologue ou un oncologue) sait ce que tu ressens par rapport à ta vie sexuelle et au fait d’avoir des enfants. Ton médecin a besoin de cette information pour te recommander la meilleure option de traitement.
Parle à un spécialiste de la fertilité
N’hésite pas à demander à ton équipe si elle peut te diriger vers un spécialiste de la fertilité avant de commencer ton traitement. Ce n’est pas pour rien qu’on fait appel à un spécialiste : il pourra te donner un portrait complet de la situation et répondre à toutes tes questions sur la fertilité. Même si tu ne sais pas encore si tu veux avoir des enfants, ça vaut la peine d’en parler et de te préparer au cas où tu changerais d’idée plus tard.
Tu as déjà reçu un traitement contre le cancer des testicules?
Si tu as déjà reçu un traitement, tout espoir n’est pas perdu. Tu peux quand même consulter un spécialiste après le traitement pour connaître les options qui pourraient s’offrir à toi. Même s’il est préférable de consulter un spécialiste avant le traitement, ne te décourage pas d’avoir cette conversation par la suite. Ça ne coûte rien de demander.
Voici comment chaque type de traitement du cancer des testicules peut avoir un impact sur ta fertilité
Orchidectomie (chirurgie visant à retirer un testicule ou les deux)
On nous demande souvent : peut-on avoir des enfants avec un seul testicule? Si on t’a retiré un seul testicule et que l’autre produit encore des spermatozoïdes sains, c’est une excellente nouvelle. En général, ça veut dire que tu resteras bien fertile. Mais par mesure de précaution, ton équipe pourrait quand même te parler de la possibilité de conserver du sperme (ou de le mettre en banque) à l’avance. Mieux vaut prévenir que guérir.
Dans de rares cas, si les deux testicules sont retirés, tu ne pourras plus produire de spermatozoïdes. Mais ne t’inquiète pas : la mise en banque de sperme peut t’aider à conserver la possibilité d’avoir des enfants.
De plus, si l’un de tes testicules n’est jamais descendu ou si l’un d’eux est beaucoup plus petit (ou, comme le disent les médecins, atrophié), ton équipe t’aidera à te préparer à conserver du sperme avant l’intervention chirurgicale.
En gros, si tu dois subir une intervention chirurgicale, il vaut mieux en parler d’avance avec ton équipe et discuter des avantages de la conservation du sperme.
Chimiothérapie
La chimiothérapie, ou « chimio », agit en détruisant les cellules cancéreuses dans le corps. Elle cible les cellules qui se divisent rapidement, ce qui signifie qu’elle peut aussi s’attaquer à des cellules non cancéreuses. Malheureusement, les spermatozoïdes sont donc une cible facile pour la chimio.
Selon le type de chimiothérapie que tu reçois et la dose administrée, ton nombre de spermatozoïdes pourrait être affecté ou non. Il peut être assez difficile de le prévoir. Dans la plupart des cas, le nombre de spermatozoïdes augmente dans les 24 à 36 mois suivant la fin de la chimiothérapie, mais ce n’est pas toujours le cas. Encore une fois, c’est pourquoi de nombreux spécialistes te conseilleront de faire conserver ton sperme avant la chimiothérapie, par mesure de précaution.
Il est aussi très important que tu utilises une protection (comme des condoms) pendant la chimiothérapie. Cela permet de te protéger, toi et ton ou ta partenaire, contre les infections transmissibles sexuellement (ITS). La chimiothérapie affaiblira considérablement ton système immunitaire, alors une infection est vraiment la dernière chose dont tu as besoin. En fait, elle peut être très dangereuse. L’utilisation d’une protection protégera aussi ton ou ta partenaire de certains effets de la chimiothérapie et aidera à éviter une grossesse.
Il est vraiment important de souligner que tu ne devrais pas avoir d’enfant pendant ta chimiothérapie. Tu devras peut-être attendre jusqu’à un an après la fin du traitement. Quand tu pourras le faire sans danger, ton médecin te dira que tu peux commencer à essayer d’avoir un enfant en santé avec ton ou ta partenaire.
Radiothérapie (ou thérapie par rayonnement)
Pendant la radiothérapie, des rayons X à haute énergie sont dirigés vers le testicule atteint de cancer. Pendant ce temps, le testicule sain est protégé par un écran contre les rayons. Tant que le testicule sain n’est pas endommagé par la radiothérapie — et qu’il s’agit du seul type de traitement que tu reçois — ta fertilité ne devrait probablement pas être affectée.
Mais en réalité, même avec la protection, il est toujours possible que le testicule sain perde sa fertilité. Peux-tu deviner ce qu’on va te dire ensuite? Par précaution, parle à ton médecin ou à ton spécialiste de la possibilité de conserver du sperme avant le traitement.
Comme pour la chimiothérapie, il est très important de ne pas concevoir d’enfant pendant la radiothérapie. Utilise une protection (comme des condoms) chaque fois que tu as des relations sexuelles afin d’éviter les infections transmissibles sexuellement (ITS) et une grossesse. Encore une fois, comme pour la chimiothérapie, tu devras peut-être attendre jusqu’à un an après la radiothérapie avant d’essayer d’avoir des enfants. Ton médecin te dira quand tu pourras le faire sans danger.
Lymphadénectomie rétropéritonéale (chirurgie visant à retirer des ganglions lymphatiques)
Le curage ganglionnaire rétropéritonéal (RPLND) est une intervention chirurgicale complexe. Pendant l’intervention, les ganglions lymphatiques de ton abdomen (ou du bas de ton ventre) sont retirés.
Pendant le curage ganglionnaire rétropéritonéal (RPLND), les nerfs qui contrôlent l’évacuation du sperme hors de ton corps risquent d’être touchés.
C’est rare, mais si les nerfs sont suffisamment endommagés, tu pourrais avoir ce qu’on appelle une éjaculation rétrograde. Cela signifie que, lors de l’éjaculation, le sperme ne sortira plus de ton pénis, mais ira plutôt dans ta vessie. Ne t’inquiète pas : ce n’est pas aussi douloureux que ça en a l’air et ça ne devrait pas faire mal. Par contre, il devient beaucoup plus difficile d’avoir des enfants naturellement.
Si tu subis un curage ganglionnaire rétropéritonéal après une chimiothérapie, le risque d’éjaculation rétrograde peut être plus élevé. En effet, la chimiothérapie peut causer du tissu cicatriciel, ce qui rend les nerfs plus difficiles à voir pendant l’intervention et complique la prévention des lésions nerveuses.
Parle à ton équipe de la possibilité de conserver ton sperme avant l’intervention chirurgicale. Tes nerfs ont besoin de temps pour se rétablir, et il n’est pas garanti à 100 % que tu retrouveras ta fertilité par la suite.
Tu suis une combinaison de traitements?
Si tu reçois plusieurs traitements (par exemple, une combinaison de chirurgie et de radiothérapie), parle à ton médecin des risques pour ta fertilité. Chaque traitement comporte ses propres risques, mais il vaut mieux savoir dès le départ comment bien te préparer. Peu importe le traitement, la solution la plus simple et la plus sûre consiste à faire conserver ton sperme au préalable.
Comment savoir si ma fertilité est revenue?
Même si ton corps produit encore du sperme après le traitement, ça ne veut pas nécessairement dire que ta fertilité est revenue à la normale. Tes petits nageurs ne sont peut-être pas encore au sommet de leur forme. La seule façon infaillible de connaître l’état de ta fertilité (le nombre et la qualité des spermatozoïdes dans le sperme) est de faire analyser ton sperme. Ton médecin de famille, ton urologue ou ton spécialiste de la fertilité peut demander cet examen pour toi.
Pour une analyse de sperme, tu devras fournir un échantillon de sperme, que le personnel du laboratoire analysera ensuite. Ça peut te sembler gênant, mais ne t’en fais pas : beaucoup d’hommes doivent le faire pour diverses raisons, et le personnel en a l’habitude. On pourrait aussi te demander de passer ce test plusieurs fois afin d’obtenir les résultats les plus précis possible.
On pourrait te conseiller d’attendre un certain temps (environ 6 à 12 mois après le traitement contre le cancer) avant de faire l’analyse. Ton corps aura ainsi le temps de retrouver un rythme normal. Si les résultats de ton test ne sont pas ceux espérés, ne t’en fais pas. L’andrologue (un médecin spécialiste de la santé masculine) ou ton spécialiste de la fertilité discutera avec toi des options qui s’offrent à toi et des prochaines étapes. Tu pourrais avoir l’impression que les démarches n’en finissent plus, mais ta fertilité pourrait tout de même s’améliorer avec le temps.
Si ta fertilité ne revient pas (infertilité) après le traitement du cancer du testicule
Si ton médecin t’informe que ta fertilité ne reviendra pas et que cette situation est permanente, on parle alors d’infertilité. Cela peut être très difficile à entendre et à accepter.
Si tu te sens déprimé, stressé ou en colère, parles-en à un ami proche ou à un membre de ta famille. Tu n’as pas à garder tout ça pour toi. Un conseiller ou un autre professionnel de la santé peut aussi te parler d’autres options, comme l’adoption.
Avec le temps, certains hommes se rendent compte qu’une vie sans enfants leur convient. C’est un cheminement qui varie d’une personne à l’autre. Surtout, rappelle-toi que tu peux traverser cette épreuve. Le temps, l’aide d’un conseiller et le soutien de tes proches t’aideront.





