Santé mentale

Parler de santé mentale quand l’autre est sur la défensive

Trois jeunes hommes en combinaison isothermique transportent des planches de surf le long du rivage.

Parfois, les meilleures conversations ont lieu quand on bouge.

Tu sens que quelque chose ne va pas. Il n’est pas lui-même. Mais chaque fois que tu essaies d’en parler, il se referme complètement.

Peut-être qu’il change de sujet. Peut-être qu’il s’emporte. Peut-être qu’il te lance « Je vais bien », puis s’en va.

C’est frustrant. Et ça peut t’amener à te demander si ça vaut même la peine d’essayer.

Ça vaut la peine. Voici ce qu’il faut garder en tête et ce que tu peux faire concrètement.

Trois choses à retenir avant de commencer

1. C’est à lui de décider, pas à toi

Tu peux ouvrir la porte. Tu peux la garder ouverte. Mais tu ne peux pas l’obliger à la franchir. C’est lui qui décidera quand il sera prêt – et c’est correct. Ton rôle, c’est de faire en sorte qu’il se sente en sécurité pour faire ce pas, et non de le pousser à le faire avant qu’il soit prêt.

2. Il y a probablement une raison pour laquelle il est sur ses gardes

Peut-être qu’il a déjà été blessé. Peut-être qu’une personne en qui il avait confiance n’a pas bien réagi. Peut-être qu’il craint d’être jugé, rejeté ou qu’on lui dise de s’endurcir. Quelle que soit la raison, prends-la au sérieux. Vas-y doucement. Fais-lui savoir que tu es prêt à entendre tout ce qu’il voudra te confier.

3. Il ne sait peut-être pas par où commencer

Beaucoup de gars ont du mal à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, surtout s’ils ne l’ont jamais vraiment fait auparavant. Une façon de l’aider, c’est de commencer par lui parler de quelque chose que tu as toi-même vécu. Pas pour ramener la conversation à toi, mais pour lui montrer que c’est normal de parler de ce genre de choses. Parfois, c’est tout ce qu’il faut pour que quelqu’un se sente à l’aise de s’ouvrir.

Signes qu’il pourrait être sur ses gardes

Si tu prends de ses nouvelles et qu’il te répond l’une des choses suivantes, il n’est probablement pas encore prêt à aller plus loin :

  • Il élude la question et passe rapidement à autre chose.
  • Il se met sur la défensive ou devient irritable quand tu lui montres que tu t’inquiètes.
  • Il te répond quelque chose comme « Je vais bien », « Je peux m’en sortir tout seul », « Ce n’est pas si grave » ou « La thérapie, ce n’est pas pour moi ».

Ce n’est pas une impasse. Ça te dit simplement qu’il n’est pas encore rendu là. Continue à lire.

Two men standing together outdoors, smiling.

Ta simple présence compte plus que tu ne le penses.

Huit façons de garder la porte ouverte

1. Connais bien votre relation

S’il s’agit d’un ami proche ou d’un membre de ta famille avec qui tu passes vraiment du temps, tu es mieux placé pour insister un peu. Si c’est plutôt une simple connaissance, ce n’est peut-être pas à toi d’aller plus en profondeur.

Et même avec des amis proches, tu n’arriveras peut-être à rien du premier coup. C’est normal. Si le courant ne passe pas avec toi, demande-toi s’il y a quelqu’un d’autre à qui il trouverait plus facile de se confier. Le but, c’est qu’il obtienne du soutien, peu importe qui le lui apporte.

2. N’essaie pas de poser un diagnostic

Ton rôle, c’est d’être là, de l’écouter et de l’encourager à obtenir le soutien dont il a besoin. Ce n’est pas à toi de déterminer ce qui « ne va pas » chez lui ni de lui dire quoi faire. Laisse les professionnels poser un diagnostic. Ce qui compte, c’est ta présence.

3. Sache quand prendre du recul

Insister trop fort produit presque toujours l’effet contraire. Personne ne se confie quand on lui force la main. S’il résiste, laisse-lui un peu d’espace. Ça peut te sembler être la mauvaise chose à faire, mais ça lui montre en fait qu’il peut se tourner vers toi en toute confiance quand il sera prêt. Pas de culpabilisation, pas de pression, pas de honte.

4. Aborde le sujet indirectement

Demander directement « Est-ce que tu as des problèmes de santé mentale? » est un moyen rapide de le pousser à se refermer. Essaie plutôt une approche plus décontractée. Pose des questions ouvertes. Parle-lui d’une situation que tu traverses et vois s’il se reconnaît dans ce que tu vis.

Mieux encore, évite d’en faire une conversation en tête-à-tête. Commence à parler pendant que vous faites quelque chose ensemble – une promenade, une partie de golf, une balade en voiture. Être côte à côte est beaucoup moins intense que d’être face à face. L’idée, c’est de laisser la conversation venir naturellement, sans la forcer.

5. Demande-lui ce qui l’aiderait vraiment

On suppose souvent qu’on doit deviner ce dont nos proches ont besoin à leur place. Parfois, tu peux simplement poser la question. Il n’est peut-être pas prêt à accepter toute l’aide dont il a besoin en ce moment, mais il pourrait être prêt à en accepter une partie. Essaie de lui demander : « Quelle est la chose que je peux faire pour toi? » Puis, fais-la. Les petits pas comptent aussi.

6. Ne lui donne pas de conseils qu’il n’a pas demandés

S’il te demande ce que tu en penses, tu peux lui faire part de ton point de vue avec douceur. Sinon, garde-le pour toi. Ce dont il a le plus besoin, c’est de se sentir écouté, pas de se faire proposer un plan en cinq étapes. Laisse-le parler. Pose-lui des questions ouvertes pour l’encourager à poursuivre. Résiste à l’envie de régler le problème.

7. Maîtrise ta réaction

S’il s’ouvre à toi, ce qui se passe ensuite est important. Une forte réaction — choc, inquiétude ou alarme — peut l’inciter à se refermer. Reste calme. Montre-lui que rien de ce qu’il dit ne va te déstabiliser, et il sera plus enclin à poursuivre la conversation.

Cela dit, s’il te confie quelque chose qui t’inquiète vraiment pour sa sécurité, n’essaie pas de gérer la situation seul. Communique avec un professionnel ou les services d’urgence.

8. Continue de prendre de ses nouvelles

Une seule conversation suffit rarement. Continue d’être là pour lui. Mais ne transforme pas non plus chacune de vos rencontres en discussion sur sa santé mentale. Sois simplement son ami. Faites ensemble des activités comme d’habitude. C’est ce lien continu qui l’aidera à parler plus facilement quand les choses deviendront plus difficiles.

Le progrès ne suit pas toujours une ligne droite

Deux pas en avant, un pas en arrière. Parfois, c’est comme ça. Ne te laisse pas décourager. Continue d’être présent.

Si, à un moment ou à un autre, il parle de pensées suicidaires ou de quoi que ce soit qui te fait craindre pour sa sécurité, communique immédiatement avec un médecin ou les services d’urgence.

Ce dont il a probablement le plus besoin en ce moment, c’est de savoir qu’il n’est pas seul. C’est quelque chose que tu peux lui offrir, même avant qu’il soit prêt à dire quoi que ce soit.

Tu traverses une période difficile ou tu t’inquiètes pour quelqu’un? Trouve des ressources de soutien ici.

Publié le 31 août 2026

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