Kevin Rempel, Mo Bro, parle de l’importance de l’amour de soi

Kevin Rempel dans le fauteuil de barbier

Champion du monde 2013, conférencier principal

« Est-ce que tu t’aimes? »

On m’a posé cette question récemment et, plus j’y ai réfléchi, plus je me suis rendu compte que je ne peux pas y répondre honnêtement pour le moment. Laisse-moi t’expliquer pourquoi.

J’ai perdu mon père par suicide. Après avoir été paralysé en 2002 à la suite d’un accident de chasse, il a eu du mal à vivre avec sa blessure. Cinq ans plus tard, il s’est enlevé la vie.

J’ai moi-même été paralysé à la suite d’un accident de motocross. Heureusement, j’ai pu réapprendre à marcher. Cependant, mon père nous a quittés pendant ma convalescence, et ces deux événements m’ont entraîné sur une voie sombre. Je me suis mis à vouloir faire comme lui. Je n’ai jamais fait de tentative, mais ça a été une période difficile. En 2014, j’ai été sélectionné au sein d’Équipe Canada et j’ai eu la chance de faire partie de l’équipe de hockey sur luge, aidant le Canada à remporter une médaille de bronze aux Jeux paralympiques de Sotchi, en Russie. Après les Jeux, j’ai vécu ce que vivent de nombreux athlètes olympiques : une dépression post-olympique.

Heureusement, encore une fois, je n’ai jamais fait de tentative ni ne me suis fait de mal, mais il m’a fallu beaucoup d’efforts pour traverser cette épreuve. Si tu souffres de dépression ou si tu as des pensées suicidaires, j’aimerais te faire part de mes « 3 A » — une approche qui pourrait t’aider dans ton combat :

  1. Reconnais-le. Quand tu traverses une période difficile, tu es le premier et le plus grand obstacle que tu dois surmonter. La plupart d’entre nous ne veulent pas reconnaître qu’ils vivent des moments difficiles, ce qui retarde la démarche pour obtenir de l’aide. Tu dois d’abord reconnaître que tu ne vas pas bien.
  2. Demande de l’aide. Bien des gens ne se rendront peut-être pas compte que tu traverses une période difficile tant que tu n’en parleras pas. Une fois que tu as surmonté tes réticences et compris que tu as besoin de soutien, c’est à toi de tendre la main à quelqu’un – n’importe qui – pour obtenir cette aide. Si tu es prêt à le faire, sache qu’il y a des gens qui t’aiment et qui seraient heureux de t’aider.
  3. Accepte. Une fois que tu as de l’aide à ta disposition, tu dois la mettre en pratique. Tu dois être prêt à l’essayer. Par exemple, mon père reportait ou annulait souvent des rendez-vous déjà pris avec son psychologue. Si tu as accès à de l’aide, je t’encourage à être prêt à l’essayer. Rien ne changera si tu ne provoques pas ce changement.

Maintenant, revenons à la question de départ : « Est-ce que tu t’aimes? » Si j’en parle, c’est pour plusieurs raisons. Je suis extrêmement fier de la détermination dont j’ai fait preuve à travers toutes ces épreuves. Beaucoup de gens diront que j’ai eu bien des raisons d’abandonner, mais je continue d’avancer. C’est ce que je sais faire.

Cela dit, dernièrement, il y a des jours où je trouve que je suis particulièrement dur envers moi-même. Ce n’est pas que je refuse de reconnaître que j’ai besoin d’aide, d’en demander ou d’en accepter; c’est que, même en faisant tout cela, je sais que je peux encore être extrêmement critique envers moi-même. C’est là que la santé mentale des hommes commence à toucher des cordes sensibles.

En tant qu’hommes, nous sommes fiers d’être forts, de nous débrouiller seuls et de ne pas montrer nos faiblesses. Mais la fin récente de ma relation m’a vraiment amené à réfléchir à cette question : « Est-ce que tu t’aimes? »

Avec le recul, je constate qu’il y a eu de nombreux jours où j’avais des maux de tête et vivais du stress psychologique, en pensant souvent : « Je ne suis pas à la hauteur » ou « Je dois continuer à faire mes preuves. » Je me disais : « Je dois d’abord avoir accompli (remplir l’espace ici) avant de pouvoir être ou me sentir entier, pour que quelqu’un puisse m’aimer et que je puisse l’aimer en retour. »

Ça a été un obstacle à mon bonheur et un exemple de la façon dont nous nous mettons nous-mêmes des bâtons dans les roues.

Après avoir écouté le balado d’Aubrey Marcus avec Kamal Ravikant sur l’amour de soi, j’ai commencé à mieux comprendre certaines des questions que tu pourrais te poser si tu constates que tu es ton propre critique le plus sévère.

  1. Demande-toi : « Si je m’aimais, qu’est-ce que je ferais par rapport à ________? » En te posant cette question, tu t’aideras à te donner la permission d’être plus bienveillant envers toi-même, ce qui réduira la pression et le stress mental que tu t’imposes.
  2. Écris « Je me pardonne de ______ », puis remplis l’espace vide. Répète l’exercice en réfléchissant à toutes les raisons ou situations pour lesquelles tu pourrais être particulièrement dur envers toi-même. Honnêtement, c’est plus libérateur que tu ne le penses.
  3. Fais-toi un vœu ou une promesse. Qui veux-tu être? Comment veux-tu te présenter au monde? On peut être tellement dur envers soi-même. On ignore ou minimise souvent les personnes qui veulent nous soutenir ou nous encourager. On ne se permet même pas d’exprimer notre amour parce qu’on a trop peur de se montrer vulnérable. Quand je pense à améliorer ma santé mentale, cela à lui seul m’a amené à revoir ce que signifie être « fort ».

La santé mentale peut poser des défis, mais tu peux reprendre le contrôle de ta situation. Tu peux maîtriser tes pensées, tes émotions et tes behaviours en te concentrant sur les « 3 A » — Admettre, demander, accepter — et en te demandant : « Si je m’aimais, qu’est-ce que je ferais? »

C’est libérateur et ça t’aidera à te sentir libre.

Si tu traverses une crise ou as besoin de soutien émotionnel, ou si c’est le cas d’une personne que tu connais, nous t’encourageons à consulter movember.com/getsupport pour connaître les options de soutien en situation de crise. Pour parler immédiatement à quelqu’un, communique avec ton service de soutien local accessible 24 heures sur 24.

Publié le 29 mars 2021
Mis à jour 31 août 2026

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