Santé mentale
Comment aider ton enfant à gérer son anxiété

Rester proches en famille est l’une des choses les plus simples que vous puissiez faire pour aider un enfant anxieux à se sentir en sécurité.
Tous les enfants vivent de l’anxiété. Les monstres sous le lit. La première journée dans une nouvelle école. C’est normal. Mais quand l’anxiété se manifeste tous les jours et empêche ton enfant de vivre pleinement sa vie, ça vaut la peine d’y prêter attention.
Aux États-Unis, environ 1 enfant sur 14 reçoit un diagnostic médical de trouble anxieux. Le taux est semblable chez les enfants au Royaume-Uni. Beaucoup d’autres vivent régulièrement une grande inquiétude sans jamais recevoir de diagnostic officiel. Si l’anxiété empêche ton enfant de faire ce que les enfants devraient pouvoir faire, il est temps d’agir.
Voici la bonne nouvelle : avec le bon soutien, la plupart des enfants peuvent apprendre à gérer leur anxiété et recommencer à s’épanouir. Voici ce que tu dois savoir.
Qu’est-ce qui cause l’anxiété chez les enfants?
Il y a rarement une seule cause. Parmi les facteurs courants, on retrouve :
- Les gènes et le tempérament: certains enfants sont naturellement plus prudents ou se sentent facilement dépassés face à de nouvelles personnes et situations. Ce n’est pas un défaut, c’est simplement ainsi qu’ils sont faits.
- Comportement appris : les enfants sont de fins observateurs. S’ils voient les adultes qui les entourent manifester de l’anxiété, ils peuvent adopter ce comportement.
- Expériences de vie : des événements stressants ou effrayants peuvent déclencher de l’anxiété, parfois longtemps après qu’ils se sont produits.
Quelle qu’en soit la cause, reconnaître rapidement ce qui se passe peut faire toute la différence.
Signes que ton enfant pourrait éprouver des difficultés
L’inquiétude en soi n’est pas le problème. Il faut plutôt se demander si elle nuit au quotidien. Ces questions peuvent t’aider à déterminer s’il est temps d’aller chercher du soutien supplémentaire. Elles ne constituent pas un outil de diagnostic, et seul un professionnel de la santé qualifié peut déterminer si ton enfant présente un trouble anxieux. Elles constituent toutefois un bon point de départ :
- L’anxiété nuit-elle à sa capacité d’accomplir des activités quotidiennes normales, comme aller à l’école ou terminer ses devoirs?
- Semblent-ils plus anxieux que les autres enfants de leur âge?
- Est-ce que ça dure depuis plus d’une semaine ou deux?
- Est-ce que cette personne a de la difficulté à dormir?
- Se plaignent-ils régulièrement de maux de tête ou de maux de ventre sans cause physique évidente?
- Ont-ils recommencé à faire des choses qu’ils ne faisaient plus, comme mouiller leur lit?
- Est-ce qu’il fait des crises qui ne lui ressemblent pas?
- As-tu remarqué des comportements compulsifs, comme compter, tapoter ou se laver les mains de façon excessive?
- Cette personne cherche-t-elle beaucoup plus que d’habitude à être rassurée par toi?
Une réponse affirmative à une ou plusieurs de ces questions ne signifie pas que ton enfant a un trouble anxieux. Mais il se peut que son niveau d’anxiété soit plus élevé qu’il ne devrait l’être et que tu puisses faire certaines choses dès maintenant pour l’aider.

L’anxiété chez les enfants peut se manifester de façons qui passent facilement inaperçues. Savoir reconnaître les signes peut faire toute la différence.
Ce qu’il ne faut pas faire
Avant de voir ce qui fonctionne, il vaut la peine de savoir ce qui ne fonctionne pas. Certains réflexes parentaux naturels peuvent en fait aggraver l’anxiété.
N’essaie pas d’éliminer l’anxiété
Ton enfant n’a rien de brisé. L’anxiété est quelque chose qu’il faut apprendre à gérer, et non à guérir ou à éviter. Le but est de l’aider à acquérir les outils nécessaires pour y faire face.
Ne minimise pas ce que ton enfant ressent
Ce qui te semble être une petite inquiétude peut paraître complètement insurmontable pour un enfant. Lui dire de simplement passer à autre chose ne l’aidera pas. Ça lui donnera seulement l’impression qu’il ne peut pas t’en parler.
N’évite pas tous les déclencheurs
Il peut être tentant d’éviter tout ce qui cause du stress à ton enfant. Mais l’évitement n’est pas une stratégie à long terme. En fait, il peut renforcer l’anxiété au fil du temps et rendre les situations redoutées encore plus insurmontables.
N’attends pas avant de demander de l’aide
Si l’anxiété persiste ou commence à nuire à la vie quotidienne de ton enfant, parle à ton médecin de famille ou à un professionnel de la santé mentale. Il vaut toujours mieux agir tôt que d’attendre.
Des outils qui aident vraiment
Quand ton enfant est anxieux, la première chose à surveiller, c’est ta propre réaction. Réagir avec frustration ou peur ne fera qu’envenimer la situation. Garder ton calme est vraiment l’une des choses les plus utiles que tu puisses faire.
Voici quelques stratégies qui peuvent t’aider sur le coup :
- Respiration profonde : inspire et expire lentement pour calmer ton système nerveux.
- Traçage des doigts : avec un doigt, suis le contour de chaque doigt de l’autre main, en synchronisant le mouvement avec ta respiration. Simple, pratique et efficace.
- Visualisation : encourage ton enfant à imaginer dans sa tête un endroit calme et sécurisant.
- Dessiner ou créer une œuvre d’art pour exprimer ce qui l’inquiète.
- Tenir un journal : pour les enfants plus âgés, mettre leurs émotions sur papier peut les aider à les apaiser.
Si tu vis toi-même avec de l’anxiété, certains de ces conseils pourront aussi t’être utiles.
Au-delà des stratégies à utiliser sur le coup, les habitudes de base comptent plus que la plupart des parents ne le pensent. Une routine quotidienne qui comprend beaucoup d’activité physique, suffisamment de sommeil, une alimentation saine et des moments réguliers en famille crée une base solide qui facilite tout le reste.
Comment en parler sans aggraver les choses
L’essentiel ici : aie ces conversations avec ton enfant quand il est calme, et non en pleine crise.
Aide-les à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent
Demande-leur d’essayer de cerner exactement ce qui les inquiète. Qu’est-ce qui pourrait arriver, selon eux? En précisant la source de leur inquiétude, leur peur devient plus facile à gérer.
Valide ce que cette personne ressent
Tu sais peut-être que ce qui leur fait peur a peu de chances de se produire. Mais pour l’instant, ce n’est pas ce qui compte. L’important, c’est que ces personnes se sentent écoutées. Essaie de dire : « Je sais que ça t’inquiète… » ou « Je comprends, ça semble vraiment effrayant. » Reconnais ce qu’elles ressentent sans amplifier la situation ni la minimiser.
Discute de ce que cette personne pourrait faire
Une fois que la personne se sent écoutée, tu peux explorer avec elle, tout en douceur, comment elle pourrait gérer la situation. Discutez ensemble de scénarios précis. Que pourrait-elle faire si ce qui l’inquiète se produit? Et si ça ne se produit pas?
Offre-leur un réconfort physique, s’ils en ont envie
Certains enfants veulent un câlin quand ils sont anxieux. D’autres non. Demande-leur d’abord : « Est-ce qu’un câlin te ferait du bien en ce moment? » Laisse-les décider.
Aide-les à affronter leur peur graduellement
C’est l’étape la plus importante pour progresser à long terme. Éviter les situations qui font peur procure un soulagement à court terme, mais renforce l’anxiété avec le temps. Aide plutôt ton enfant à les affronter graduellement, souligne chaque petite victoire et bâtis sa confiance, une étape à la fois.
L’approche par étapes
De nombreux experts recommandent une technique appelée l’approche de l’escabeau pour aider les enfants à faire face à leur anxiété. C’est exactement ce que son nom suggère : décomposer un objectif qui fait peur en petites étapes faciles à gérer.
Voici comment l’utiliser :
- Avec ton enfant, détermine un objectif qu’il souhaite atteindre, mais que l’anxiété l’empêche de réaliser.
- Ensemble, dressez la liste de toutes les étapes nécessaires pour y arriver, de la moins effrayante à la plus effrayante.
- Attribue à chaque étape un niveau d’inquiétude de 1 à 10.
- Entendez-vous sur une récompense pour chaque étape franchie.
Voici un exemple avec l’objectif de « flatter calmement un chien » :
Étape 1 : Regardez ensemble des photos de chiens.
Niveau d’inquiétude : 1
Récompense : Jouez ensemble à un jeu de société.
Étape 2 : Regarde un film mettant en vedette un chien amical.
Niveau d’inquiétude : 2
Récompense : une sortie au terrain de jeux.
Étape 3 : Va dans un parc et observe les chiens à distance, sans t’en approcher.
Niveau d’inquiétude : 4
Récompense : un livre de plus à l’heure du coucher.
Étape 4 : Rends visite à un ami qui a un chien, en gardant le chien dans une autre pièce.
Niveau d’inquiétude : 6
Récompense : Inviter son ami à venir jouer.
Étape 5 : Même visite, mais cette fois-ci, le chien est dans la pièce et ton ami le tient.
Niveau d’inquiétude : 8
Récompense : crème glacée après l’école.
Étape 6 : Retournez lui rendre visite. Cette fois-ci, ton enfant caresse le chien ou joue avec lui pendant que tu es là pour le soutenir.
Niveau d’inquiétude : 9
Récompense : un souper à son endroit préféré.
Quelques points à garder en tête
- Fais participer ton enfant à la création de l’échelle. Ce n’est pas quelque chose que tu lui imposes, mais quelque chose que vous faites ensemble. Laisse-le t’aider à choisir les étapes et les récompenses.
- Si une étape semble trop difficile, ajuste-la. Certaines échelles ont besoin de plus de barreaux que d’autres. L’objectif est de progresser graduellement, pas rapidement.
- Sois précis dans tes félicitations. « Tu as vraiment fait preuve de courage en allant voir Max aujourd’hui » est plus efficace que « beau travail ». Quand il y aura des revers — et il y en aura —, ne te décourage pas. Encourage ton enfant à réessayer.
Quand demander l’aide d’un professionnel
Tu ne peux pas toujours gérer ça par toi-même, et tu ne devrais pas avoir à le faire. Si l’anxiété de ton enfant persiste ou nuit sérieusement à son fonctionnement, il est temps de faire appel à un professionnel.
Parle d’abord à ton médecin de famille. Ensuite, la prochaine étape consiste souvent à obtenir une recommandation pour consulter un psychologue ou un thérapeute qui travaille auprès des enfants. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC), en particulier, a fait ses preuves pour aider les enfants qui vivent avec de l’anxiété. Elle leur apprend à reconnaître et à remettre en question les pensées qui alimentent leur anxiété, tout en leur donnant de véritables outils d’adaptation qui leur serviront toute leur vie.
L’essentiel, c’est que tu n’as pas à traverser ça seul. Tu peux donner à ton enfant les outils et le soutien dont il a besoin pour gérer son anxiété.
Tu traverses une période difficile ou tu t’inquiètes pour quelqu’un d’autre? Trouve des ressources de soutien ici.




