Ce que le Canada nous a dit sur la santé des hommes

Faire entendre les voix du secteur de la santé masculine au Canada
Movember a été désigné comme partenaire rassembleur indépendant pour soutenir le processus de consultation du gouvernement du Canada en vue d’élaborer une stratégie nationale pour la santé des hommes et des garçons.
Movember a été désigné comme partenaire rassembleur indépendant pour appuyer le processus de consultation du gouvernement du Canada en vue d’une stratégie nationale sur la santé des hommes et des garçons. Le public peut soumettre ses commentaires jusqu’au 1er juin.
Notre rôle est simple : écouter, rassembler et transmettre. Nous sommes là pour veiller à ce que les voix du secteur de la santé des hommes au Canada soient entendues clairement et fidèlement.
Jusqu’à présent, nous avons réuni des professionnels, des chercheurs, des leaders communautaires et des personnes ayant une expérience vécue à Sherbrooke, à Vancouver et à Toronto. Ces trois rencontres font ressortir un portrait clair.
Voici ce que nous avons entendu
Le système n’a pas été conçu pour les hommes.
Les résultats en matière de santé des hommes sont souvent présentés comme une question de behaviour. Stigmatisation. Réticence. Attitudes. Mais à chaque séance, les participants ont remis en question ce discours.
Le problème ne tient pas seulement à la façon dont les hommes interagissent avec le système, mais aussi à la façon dont celui-ci est conçu.
Comme l’a dit un participant, le système s’attend à ce que les hommes s’y adaptent, plutôt que l’inverse.
Les services sont souvent fragmentés, difficiles à comprendre et mal adaptés à la façon dont les hommes cherchent réellement du soutien. Bon nombre d’entre eux doivent se débrouiller seuls, souvent lorsqu’ils sont en situation de crise.
Parallèlement, le système demeure fortement axé sur les soins de courte durée. La prévention et l’intervention précoce, qui pourraient empêcher les problèmes de s’aggraver, restent sous-financées et ne sont pas suffisamment prioritaires.
Là où les lacunes sont les plus criantes
Lors des différentes rencontres, les participants ont relevé un ensemble récurrent de défis : la santé mentale, la solitude, la dépendance ainsi que les répercussions croissantes des jeux de hasard et des opioïdes, particulièrement dans les secteurs à prédominance masculine.
Ces enjeux n’existent pas isolément. Ils sont profondément interreliés et tendent souvent à s’aggraver mutuellement au fil du temps.
Les participants ont également souligné que les grandes transitions de la vie, de l’adolescence à la paternité en passant par la perte d’un emploi, sont des périodes charnières où un soutien adéquat peut améliorer les résultats à long terme. La paternité, en particulier, a été considérée comme un point d’intervention puissant et sous-utilisé.
À Vancouver, on a beaucoup insisté sur les répercussions disproportionnées sur les communautés autochtones et rurales. Au fil des séances, les participants ont également soulevé des préoccupations quant au rôle des environnements en ligne, des préjudices numériques et des technologies émergentes dans le développement de la santé mentale et de l’identité des jeunes hommes.
Ce qui doit changer
Le message du secteur était clair. Le Canada ne manque pas de connaissances. Il manque de mise en œuvre.
Les participants ont réclamé des investissements soutenus dans des programs communautaires et dirigés par des pairs, de meilleures données, une responsabilisation accrue et un virage vers la prévention.
Les participants ont été tout aussi clairs quant au rôle du gouvernement fédéral. Il ne s’agit pas de fournir directement des services, mais plutôt de définir les orientations, de coordonner les différents systèmes et de déployer à plus grande échelle ce qui fonctionne déjà.
À l’heure actuelle, trop de programs efficaces demeurent de petite envergure, de courte durée et difficiles d’accès.
Un appel fort a aussi été lancé pour changer notre façon de parler de la santé des hommes. Il faut délaisser les discours axés sur les lacunes au profit d’un langage qui met en valeur les forces des hommes. Comme l’a dit un participant : « Les hommes ne sont pas le problème. Nous sommes un atout. »
La suite
En juin, nous tiendrons notre dernière rencontre à Churchill, au Manitoba, qui portera principalement sur les communautés autochtones et rurales. Nous présenterons ensuite directement au gouvernement une synthèse complète de ce que nous avons entendu.
Movember apportera également son propre point de vue sur les politiques publiques, en s’appuyant sur notre expérience de collaboration avec des gouvernements du monde entier pour élaborer des stratégies en matière de santé masculine.
La période de consultation publique se poursuit jusqu’au 1er juin. Si tu as une idée de ce à quoi cette stratégie devrait ressembler, c’est le moment de la faire connaître.
Nous tenons à remercier les partenaires extraordinaires qui ont contribué à rendre possibles ces trois rencontres, en particulier : François Poirier (Regroupement provincial en santé et bien-être des hommes), Audrey Brassard, l’Université de Sherbrooke, Dr John Oliffe (UBC’s Men’s Health Research Program), Nina Gao, de University of British Columbia, l’équipe de Movember Canada et Enterprise Canada.




