Un essai inédit à l’échelle mondiale montre une amélioration de la survie chez les hommes atteints d’un cancer avancé de la prostate
David Livingstone
Un nouveau traitement qui fait appel à deux types de radiothérapie pour s’attaquer au cancer avancé de la prostate pourrait prolonger la vie de milliers d’hommes, grâce aux fonds recueillis par Movember.
Un essai clinique, une première mondiale, mené par une équipe de la Queen’s University Belfast (QUB) a démontré que le nouveau traitement ralentit la progression du cancer de la prostate chez les hommes dont la maladie s’est propagée aux os.
Ce traitement agit en irradiant simultanément la prostate depuis l’extérieur du corps et en administrant à l’intérieur de l’organisme des médicaments radioactifs qui « ciblent les tumeurs ».
Paul Villanti, directeur général des Programs à Movember, affirme : « Nous sommes ravis d’avoir soutenu cette recherche par l’entremise du Centre d’excellence Movember. »
« Pour les hommes atteints d’une maladie à un stade avancé, ces types de traitements pourraient leur permettre de vivre plus longtemps et de profiter de précieux moments supplémentaires avec leurs proches.
« Nous avons vraiment hâte de voir cette recherche progresser au cours des prochaines années. »
À l’échelle mondiale, plus de 1,3 million d’hommes reçoivent un diagnostic de cancer de la prostate chaque année, soit environ 3 560 hommes par jour.
Les hommes atteints d’un cancer de la prostate avancé sont généralement traités par hormonothérapie, qui vise à réduire la taille des tumeurs en limitant la quantité de testostérone qui atteint les cellules cancéreuses.
La nouvelle approche combine deux formes existantes de radiothérapie : l’arcthérapie volumétrique modulée (VMAT), qui cible les cellules du cancer de la prostate dans le bassin, et un type de médicament de radiothérapie interne appelé radium 223, qui cible la maladie dans les os.
La VMAT est administrée de façon externe à l’aide d’un appareil appelé accélérateur linéaire, lors de visites quotidiennes à l’hôpital pendant deux mois.
Les résultats de l’essai ADRRAD, qui a évalué le traitement combiné auprès de 30 patients âgés de 40 à 80 ans au cours des quatre dernières années, ont été publiés dans la prestigieuse revue spécialisée en cancérologie Clinical Cancer Research.
Le professeur Joe O’Sullivan, responsable de l’étude, affirme : « Il s’agit du premier essai de ce genre au monde. Nous avons constaté qu’il est sécuritaire de combiner ces deux formes de radiothérapie, et certains indices laissent croire que cette approche pourrait s’avérer plus efficace que l’hormonothérapie actuelle.
« Cet essai représente une immense réussite mondiale dans la lutte contre le cancer de la prostate, et cette recherche transforme et sauve des vies. »
David Livingstone, 68 ans, du comté d’Armagh, en Irlande du Nord, qui a participé à l’essai clinique, raconte : « En 2016, j’ai reçu un diagnostic de cancer agressif de la prostate qui s’était propagé à mes os et à mes ganglions lymphatiques. Mon taux d’APS était l’un des plus élevés jamais observés. On m’a donné de six mois à un an à vivre.
« On m’a invité à participer au program de recherche dirigé par le professeur O’Sullivan. Plus de cinq ans plus tard, j’ai vu mes deux filles se marier et j’ai pu passer de précieux moments avec mes petits-enfants. »
La recherche a été menée par l’équipe universitaire de recherche sur le cancer de la prostate du Centre du cancer d’Irlande du Nord, à Belfast, dans le cadre du Centre d’excellence Movember, en partenariat avec Prostate Cancer UK, (FASTMAN CoE).
La recherche a été conçue et menée en partenariat avec le Belfast Health and Social Care Trust et le Northern Ireland Cancer Centre, et a été financée par Movember, Prostate Cancer UK et Friends of the Cancer Centre.
Le professeur O’Sullivan affirme : « La réalisation de cet essai a nécessité un immense travail d’équipe, et nous remercions toutes les personnes du The FASTMAN Movember Centre of Excellence.
« Nous ne pourrions pas accomplir ce travail sans le soutien de nos bailleurs de fonds, des patients et de toute une équipe de professionnels qui ont rendu ce projet possible. »





