Le parcours de Billy-Sam en santé mentale : recoller les morceaux

Fraîchement sorti de chez le barbier à Montréal, Mo Bro Billy-Sam raconte son parcours en santé mentale avec Movember

« Il m’a fallu huit mois pour me reconstruire… avec beaucoup d’aide, de patience et de stratégies. »

Ce Mo Bro du Québec, qui participe depuis 10 ans, raconte comment il s’est reconstruit après une dépression

J’ai entendu parler de Movember pour la première fois à la radio locale. J’ai trouvé géniale l’idée de se laisser pousser une moustache pour attirer l’attention sur la cause de la santé masculine. C’était il y a dix ans, en 2013. J’ai été impressionné de voir que l’organisation se consacrait à l’amélioration de la santé masculine, plus précisément — à l’époque — à la lutte contre le cancer de la prostate, même si je n’avais jamais rencontré personne qui avait été touché par ce cancer. Puis, j’ai appris que Movember se joignait à la lutte contre le cancer testiculaire. C’est ce qui m’a décidé à agir.

L’homme le plus important dans ma vie est mon père, Simon : un battant, un homme brillant, un survivant et, surtout, un père exceptionnel. En 1988, alors que je n’avais que six ans, mon père Simon, qui avait alors 33 ans, a reçu un diagnostic de cancer des testicules avec métastases. Il faut savoir que papa avait lui-même perdu son père (dont je porte le prénom, « Billy ») à l’âge de six ans! Papa s’est mis en colère. Il s’est battu, a suivi les traitements prescrits, a souffert, mais il a survécu.

« Il était hors de question que mon fils grandisse sans père. C’est moi qui ai vécu ça, pas mon fils. » Chaque fois que je lui demandais de me raconter son histoire, il revenait toujours à ça.

C’est pourquoi je reviens à Mo, année après année. C’est ma façon de remercier la science. Je remercie très souvent mon père et je lui montre que je l’aime chaque fois que nous nous parlons ou que nous nous voyons. Mais la science issue de la recherche? C’est abstrait, c’est différent. Je veux soutenir les chercheurs qui sauvent des vies comme celle de mon père. La meilleure façon de le faire, c’est de leur trouver du financement pour qu’ils puissent continuer.

Ce n’est qu’à l’âge de 40 ans que l’une des causes soutenues par Movember m’a touché personnellement. Pendant 39 ans, je me suis toujours senti très fort mentalement. Ma famille et mes amis ont toujours su que j’étais le gars sur qui on pouvait vraiment compter. Pas celui qui propose vaguement son aide, mais celui qui mettra son réveil à 6 h un samedi pour t’aider à déménager, dans l’urgence ou sous la pluie; celui qui annulera une sortie avec ses amis pour venir te serrer dans ses bras et élaborer un plan pour t’aider à te remettre sur pied. Fort, un roc sur lequel tu peux t’appuyer.

C’est à 40 ans que la vie m’a donné une bonne leçon d’humilité. Le roc s’est brisé le du jour au lendemain. J’ai été emporté par une profonde dépression; j’ai appris qu’à vouloir tout faire soi-même, comme si personne ne pouvait faire mieux, on finit par s’épuiser.

Tu t’effrites doucement, subtilement, puis un jour, tu te retrouves en morceaux sans comprendre ce qui t’est arrivé.

Il m’a fallu huit mois pour me reconstruire, avec beaucoup d’aide, de patience et de stratégies. C’est la chose la plus difficile que j’ai eu à faire de toute ma vie. Pendant cette période éprouvante, je me suis tourné vers ma fiancée, Claudi-Anne. Elle m’a secouru alors que j’étais au plus bas, littéralement par terre. Elle s’est donnée sans compter et m’a offert tout l’espace et toute l’aide dont j’avais besoin, tout en respectant l’homme que je suis.

Aujourd’hui, je fonctionne tout à fait normalement et je commencerai bientôt à réduire progressivement ma médication jusqu’à l’arrêter complètement. Et quand je sens le « mal-être » refaire surface en moi? Je parle à ma conjointe, à mes parents, à l’un de mes amis proches, ou je me parle à moi-même en m’adressant à mon grand-père décédé. Ça peut sembler étrange, mais pour moi, ça fonctionne très bien.

Depuis ma dépression, je parle beaucoup de santé mentale. J’essaie de parler ouvertement du sujet afin de laisser toute la place à ceux qui seraient autrement gênés d’en parler. Ce faisant, je constate qu’un nombre alarmant de personnes autour de moi souffrent mentalement sans que personne le sache. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais la peur de paraître faible et le « machisme » semblent faire obstacle. J’essaie d’amener ces personnes à me parler et de dissiper leur crainte d’être stigmatisées.

Mon message aux autres hommes au sujet de leur santé? Prenez-la au sérieux. Les personnes que vous essayez d’impressionner ne seront pas là pour vous soutenir quand vous serez au plus mal. Seules celles qui vous aiment le seront.

Publié le 15 mai 2023
Mis à jour 31 août 2026

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