Tom Walker : surmonter l’adversité grâce à la communauté

Tom Walker

Tom Walker

De son enfance à aujourd’hui, Tom Walker a surmonté de nombreuses épreuves qui l’ont non seulement amené à devenir travailleur social, mais aussi à trouver sa place au sein de communautés où il a pu recevoir le soutien dont il avait besoin et soutenir à son tour les personnes dans le besoin.

Tom s’est récemment installé dans le fauteuil du barbier avec nous pour discuter de ce qui l’a amené à devenir travailleur social chez ORNGE, de santé mentale et physique, de ses réflexions sur la santé mentale en 2021 et de bien plus encore.

Qu’est-ce qui t’a amené à devenir travailleur social pour ORNGE?

J’avais travaillé dans le domaine des dépendances et de la santé mentale pendant 25 ans avant le décès de mon frère, dans lequel la police était intervenue. Lors de l’enquête du coroner, j’ai travaillé avec acharnement pour que les policiers et les ambulanciers paramédicaux soient formés afin d’intervenir auprès de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et de dépendance, notamment en leur enseignant des stratégies pour gérer des situations comme le délire agité. Par conséquent, les ambulanciers paramédicaux de toute la province de l’Ontario ont été appelés à suivre une formation sur la prise en charge des patients combatifs. Ce mandat, combiné à mon expérience dans la formation de personnes confrontées à des défis semblables, a créé une occasion. On m’a offert le contrat de formation du personnel d’Ornge et, pendant cette période, mon travail et mon expérience en matière de traumatismes ont convaincu la haute direction de m’embaucher à temps plein chez Ornge.

Quels sont les plus grands défis que tu as rencontrés dans ta vie? Comment les as-tu surmontés?

C’est difficile de dire quels ont été mes « plus grands défis »; quand j’étais enfant et que je vivais dans la pauvreté, la violence physique, psychologique et sexuelle a été extrêmement difficile à vivre. Si j’ai réussi à surmonter ces épreuves, c’est grâce aux communautés dont j’ai fait partie (il faut tout un village pour élever un enfant. Mon village comprenait ma conductrice d’autobus, que j’appelle maintenant Mum, ainsi que son mari et ses enfants, que je considère comme mes frères et sœurs — sans oublier mes entraîneurs de hockey et de lutte, puis mes entraîneurs de boxe, de mes débuts comme amateur jusqu’à ma carrière professionnelle). Pour moi, la boxe m’a donné un sentiment d’accomplissement, de la discipline et de la motivation. Le fait de rencontrer la personne qui partage ma vie et de fonder notre propre famille a aussi beaucoup contribué à mon cheminement.

Qu’est-ce qui te motive à participer à Movember?

Ce qui me motive, c’est de sensibiliser les gens aux signes avant-coureurs, de réduire la stigmatisation et de les encourager à demander de l’aide ou à consulter un professionnel de la santé au besoin. En ce qui concerne le suicide, des gens communiquent régulièrement avec moi, et j’en suis reconnaissant. Beaucoup de premiers répondants craignent les conséquences d’une demande d’aide. Je continue de lutter contre la stigmatisation selon laquelle avoir de telles pensées serait un signe de faiblesse. Je crois que demander de l’aide est probablement la chose la plus courageuse qu’un être humain puisse faire. Dans ma vie personnelle, mon père a tenté de se suicider à plusieurs reprises. Il a enseigné à tous ses fils que demander de l’aide était un signe de faiblesse (il avait tort). Chaque fois que j’aide une personne suicidaire à rester en vie, je lui prouve qu’il avait tort.

Ayant vu ma mère mourir d’un cancer du côlon parce qu’elle ne pouvait pas s’absenter du travail pour passer un examen médical, j’ai appris de ses erreurs. En 2019, j’ai eu un cancer de la vessie qui a pu être détecté à temps. Je connais donc les bienfaits d’une intervention précoce et l’importance d’être à l’écoute de son corps.

Si tu pouvais te dire une chose pendant que tu traversais les difficultés liées à la santé mentale et au suicide que tu as vécues, quelle serait-elle?

Demander de l’aide est un signe de force, et il est possible de faire certaines choses pour que la vie vaille la peine d’être vécue. Donne-toi cette chance : accepte l’aide qu’on t’offre et va en chercher lorsqu’on ne t’en offre pas ou lorsque tu en as besoin. Sache que tu découvriras que tu vis avec une dépression, un TDAH, une dyslexie et un TSPT, et que tu auras besoin de soutien. Fais le travail nécessaire : tes efforts porteront leurs fruits!

Dans quelle mesure les défis que tu as vécus t’ont-ils amené à devenir travailleur social?

J’ai eu un mentor qui disait que 99 % des travailleurs sociaux avaient leurs propres problèmes et que le 1 % restant mentait. Il est tout à fait logique qu’une personne qui a traversé des épreuves et qui a reçu le soutien d’une communauté de bonnes personnes — notamment des entraîneurs, ma conductrice d’autobus et sa famille, des enseignants et les parents de mes amis — veuille redonner à son tour!

En 2021, la santé mentale est influencée par tellement de facteurs, des médias sociaux aux nouvelles technologies et façons de communiquer, sans oublier la pandémie. Qu’est-ce qui t’aide personnellement à trouver la paix et l’équilibre?

L’année 2021 restera dans l’histoire comme l’une des périodes les plus conflictuelles et polarisantes. Les êtres humains sont sociables et ont besoin de liens, de contacts et de relations pour nourrir leur âme. Cela dit, sans la technologie, cette pandémie aurait été bien plus catastrophique. Les jeunes ont pu communiquer d’une façon qui leur convenait, tandis que les adultes s’y sont adaptés, et beaucoup adoptent maintenant la « nouvelle normalité » technologique. Comme je suis une personne extravertie, échanger avec quelqu’un par téléphone ou par ordinateur me donne de l’énergie et un sentiment de proximité. De plus, on trouve d’excellents programmes d’entraînement sur Internet, et j’ai récemment commencé à pratiquer le yoga vinyasa ainsi que d’autres activités pour rester en santé et actif.

As-tu des ressources ou des outils incontournables à recommander aux personnes avec qui tu travailles, ou que tu utilises toi-même, pour prendre soin de ta santé mentale?

Bouger est essentiel. Ça peut aller de la marche, du jogging, de la course, du yoga, du tai-chi ou d’une promenade avec le chien jusqu’à l’exercice intense. Comme je suis très occupé et que je vis encore avec les séquelles d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT), mes activités physiques sont très intenses : je frappe dans un sac de frappe lourd, je fais du yoga vinyasa ou de l’entraînement en circuit, je roule à vélo ou je m’entraîne sur un vélo stationnaire, etc. Les gens disent souvent qu’ils n’arrivent pas à trouver le temps de bouger. Si tu passes un peu de temps devant la télé, on peut dire que tu as le temps! Je recommande aussi de trouver un thérapeute quand on va bien. Si tu as accès à un programme d’aide aux employés et à leur famille (PAEF), tu peux t’en servir pour trouver un thérapeute qui te convient et le consulter de façon préventive, plutôt que d’attendre de ne plus aller bien.

Quelles expériences vécues pendant ton enfance influencent ton travail aujourd’hui?

Une question à laquelle il est difficile de répondre – mon vécu nourrit les concepts théoriques que j’applique aujourd’hui dans ma vie. Dans mon travail, mon approche consiste à savoir comment je souhaite être traité et à raconter certaines de mes expériences pour aider les gens à voir qu’ils peuvent me faire confiance, que je comprends la douleur ou que je suis crédible.

Avec tout ce que tu sais maintenant et les expériences que tu as vécues, que dirais-tu à la personne que tu étais plus jeune?

C’est une grande question. Les personnes au pouvoir ne sont pas toujours dangereuses. Fais-toi confiance : les choses deviendront plus faciles à gérer et, si ce n’est pas le cas, tu t’en sortiras. Ne te contente pas de penser à quelque chose en attendant que ça se produise : fais en sorte que ça arrive. Crois en tes idées. Arrête de t’excuser.

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Publié le 10 nov. 2021
Mis à jour 31 août 2026

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