Une conversation sur le cancer de la prostate avec le président de la Walnut Foundation

Un portrait d’Anthony Henry, président de la Walnut Foundation, un groupe voué à la santé des hommes et au soutien des personnes atteintes du cancer de la prostate au sein de la communauté noire

« Les hommes ne devraient pas mourir de cette maladie. »

Une conversation avec le président de la Walnut Foundation sur la sensibilisation au cancer de la prostate au sein de la communauté noire.

Connaître ton risque personnel de cancer de la prostate

J’ai d’abord pris conscience de mon risque personnel de cancer de la prostate en raison de mes antécédents familiaux. Mon père a reçu un diagnostic de cancer de stade 4 à l’âge de 64 ans — un choc immense pour quelqu’un qui suivait les recommandations médicales et qui aurait passé le test de l’APS si on le lui avait demandé.

À la suite de cette expérience, mon frère et moi sommes devenus plus vigilants et avons commencé à passer des tests de dépistage dès l’âge de 40 ans. J’ai reçu mon diagnostic en janvier 2015, à l’âge de 53 ans, et mon frère a reçu le sien à 57 ans.

Des antécédents familiaux de cancer de la prostate

Quand j’ai appris le diagnostic, j’ai eu l’impression que c’était écrit d’avance, compte tenu des antécédents familiaux de mon père, de mon frère et d’un de mes oncles. J’ai toutefois été surpris que ça m’arrive si tôt, puisque les autres membres de ma famille avaient reçu leur diagnostic à un âge plus avancé que moi. Un tel diagnostic t’amène à réfléchir à ta propre mortalité, à tes réalisations (ou à leur absence), ainsi qu’à ce qui compte le plus dans ta vie et aux personnes qui te sont les plus chères.

J’ai eu la chance de connaître mes antécédents familiaux et mes origines, et d’avoir une excellente équipe de soins qui connaissait aussi mes antécédents familiaux et m’encourageait à commencer le dépistage tôt. Cette équipe comprenait mes antécédents personnels, ainsi que mon identité raciale et le rôle que joue l’ascendance dans cette maladie. Les conversations étaient franches, bienveillantes et fondées sur des faits. Il m’a aussi été utile d’avoir rejoint, cinq ans avant mon diagnostic, un groupe d’intérêt et de soutien en santé masculine destiné aux hommes noirs, la The Walnut Foundation.

Le cancer de la prostate, un sujet peu abordé dans la communauté noire

Dans ma famille, on ne parlait généralement pas des enjeux liés à la santé des hommes. Le choc et le deuil causés par le décès de mon père ont amorcé les conversations. Ça a tout changé pour ma famille. Dès lors, les problèmes de santé n’étaient plus gardés secrets dans ma famille.

Cette culture du secret est un énorme problème au sein de la communauté noire, alors qu’en réalité, il est essentiel de parler et de partager nos expériences pour améliorer les résultats. Mais je peux comprendre cette réticence, compte tenu du manque de confiance de la communauté envers le corps médical et du peu, voire de l’absence, de financement consacré à comprendre pourquoi l’incidence du cancer de la prostate et le taux de mortalité qui y est associé sont si élevés dans les communautés noires. Lorsque mes frères de The Walnut Foundation et moi allons raconter nos histoires et qu’on nous demande pourquoi il n’y a pas de réponse définitive, on sent littéralement l’auditoire décrocher dès que les murmures commencent.

Et les obstacles sont nombreux. Les provinces qui persistent à ne pas financer les tests de dépistage par dosage de l’APS soulèvent de graves enjeux d’équité en santé : le coût ne devrait pas être un frein au dépistage. Le manque d’accès à des médecins, à des spécialistes ou à des chercheurs noirs peut aussi représenter un défi pour les hommes, surtout lorsqu’il est question d’options de traitement qui ont des répercussions sur la sexualité, l’incontinence, la santé mentale et la relation avec son ou sa partenaire. Un autre défi est l’absence de collecte de données fondées sur la race. Si ces données ne sont pas recueillies et que nous continuons à dire : « Nous ne voyons pas la race! », nous finissons par pratiquer du racisme médical. Les données fondées sur la race pourraient contribuer à l’élaboration de meilleures politiques de santé.

Mon espoir pour l’avenir de la recherche sur le cancer de la prostate

J’espère qu’au cours des 20 prochaines années, la recherche sur le cancer de la prostate sera répartie plus équitablement entre les groupes raciaux et les classes sociales, et qu’elle sera aussi plus personnalisée, afin que nous traitions la personne dans son ensemble, et pas seulement sa maladie. Il faut changer le discours pour améliorer les résultats en matière de santé. Les hommes doivent parler davantage de leur santé et défendre leurs besoins en la matière.

Il est essentiel d’avoir ces discussions au sein de la communauté, car le cancer de la prostate peut être traité. Les hommes ne devraient pas mourir de cette maladie. Ils doivent passer un premier test d’APS à l’âge recommandé selon leur catégorie de risque, puis faire un suivi annuel, même s’ils vivent dans une province qui ne couvre pas cette analyse sanguine. Ne laisse pas un machisme mal placé t’empêcher d’avoir ces conversations ou de passer un toucher rectal. Cela pourrait te sauver la vie.

Sensibiliser grâce à The Walnut Foundation

À The Walnut Foundation, nous avons créé une série de vidéos éducatives afin d’offrir des ressources pour sensibiliser les membres de la communauté à leur risque accru de cancer de la prostate. Lorsque les hommes de notre communauté meurent deux fois plus que ceux de l’ensemble de la population, il est urgent d’agir.

Anthony Henry est le président de The Walnut Foundation, un groupe voué à la santé des hommes et au soutien des personnes touchées par le cancer de la prostate, qui travaille auprès de la communauté noire afin de cerner les besoins des hommes noirs en matière de santé et d’enjeux connexes. L’organisme s’efforce d’offrir un espace de discussion. Pour découvrir des témoignages comme celui d’Anthony et en savoir plus sur le cancer de la prostate au sein de la communauté noire, consulte leur carrefour de contenu informatif et de soutien.

Publié le 31 août 2023
Mis à jour 31 août 2026

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