Mo Bro Anoop Dogra raconte son parcours avec le cancer de la prostate à 42 ans

Anoop Dogra

Anoop Dogra

Le Mo Bro Anoop Dogra parle de son expérience avec le cancer de la prostate à l’âge de 42 ans.

Quand j’ai eu 40 ans, mon médecin a inclus le test de l’APS dans mon examen médical de routine. Je n’avais aucun antécédent familial de cancer de la prostate ni aucun facteur de risque et, à ma connaissance, on ne diagnostiquait pas cette maladie chez les hommes de 40 ans. J’ai donc été surpris quand j’ai reçu mes résultats et appris que mon taux d’APS était légèrement élevé.

Au cours de l’année qui a suivi, mon médecin a surveillé mon taux d’APS. Il augmentait graduellement et, après trois ou quatre tests d’APS, nous avons finalement décidé qu’il était temps de faire une biopsie. Les résultats de la biopsie ont confirmé ce que mon médecin soupçonnait. À 42 ans, j’ai reçu un diagnostic de cancer de la prostate. 

Je voyais mon taux d’APS augmenter. Je savais que ces résultats constants ne pouvaient pas être attribués à un faux positif. Malgré mes efforts pour me préparer mentalement, la nouvelle a tout de même été un choc. J’avais du mal à y croire. Quand on entend parler d’hommes qui reçoivent un diagnostic de cancer de la prostate, ils n’ont jamais 40 ans. J’étais censé être trop jeune pour avoir un cancer de la prostate. 

Après avoir pris quelques semaines pour digérer la nouvelle, j’ai décidé d’en parler à mes quatre enfants. J’ai attendu avant d’en parler au reste de ma famille parce que je ne voulais pas les inquiéter. Pour moi, ça s’est fait très progressivement. J’ai fini par en parler à quelques collègues quelques semaines avant l’opération.  

Toutes les personnes à qui j’en ai parlé ont été sous le choc. Comme moi, elles n’arrivaient pas à croire qu’à 42 ans, j’avais le cancer de la prostate. Ce qui était surprenant, c’est que tout le monde semblait connaître quelqu’un qui avait été touché par la maladie; chacun avait un père, un oncle ou un ami qui avait reçu ce diagnostic. J’ai vite compris que cette maladie n’était pas rare : j’étais l’un des nombreux hommes touchés, même si je ne correspondais pas au groupe d’âge habituel. 

J’ai beaucoup lu sur mes options de traitement. Ne rien faire n’était pas envisageable : j’étais trop jeune. J’ai finalement décidé de subir une prostatectomie radicale. Avec le recul, je ne pense pas avoir pleinement compris toutes les conséquences à long terme de l’intervention. J’aurais aimé trouver plus d’hommes qui étaient passés par là afin de discuter de cette décision avec eux. J’ai trouvé beaucoup de ressources, mais il y a une grande différence entre lire de l’information et en parler avec quelqu’un qui a vécu la même chose. C’est en partie pour cette raison que je veux raconter mon histoire : pour faire savoir aux hommes qu’ils ne sont pas seuls et les encourager à commencer à parler du cancer de la prostate. 

J’ai subi mon opération il y a 10 ans. Au fil du temps, j’ai peu à peu appris à accepter l’idée que tout va bien – que le cancer a disparu. Au début, les tests de suivi de l’APS avaient lieu tous les 6 mois. Après 3 ans, ils sont devenus annuels, et maintenant, ils ont lieu tous les 2 ans. Même après tout ce temps, je ressens encore un peu d’anxiété au moment de recevoir le résultat. Peut-être que ce sentiment ne disparaît jamais.

Je participe à Movember depuis l’année de mon opération et, depuis, j’ai laissé pousser mon Mo à l’occasion de huit campagnes Movember. C’est maintenant devenu une activité familiale : ma fille a recueilli des fonds à son école secondaire en appliquant du henné et en vendant des bracelets qu’elle avait confectionnés, tandis que mes fils recueillent des fonds en laissant pousser, ou en essayant de laisser pousser, leur Mo.

Ma participation à Movember vise deux objectifs : amasser des fonds et sensibiliser les gens. Chaque fois, les gens ont généreusement fait des dons à ma collecte de fonds, et je leur en suis très reconnaissant. Toutefois, à certains égards, je considère que la sensibilisation est mon objectif principal. Je parle très ouvertement de mon expérience et je veux que les gens se sentent à l’aise de communiquer avec moi pour discuter de ce sujet. À chaque campagne, je finis par avoir quelques conversations avec des personnes qui vivent elles-mêmes cette situation ou qui s’inquiètent pour un proche. 

Je recommande vivement aux hommes de passer un test de l’APS à 40 ans. Sans cette simple analyse sanguine, je n’aurais jamais pu savoir que j’avais le cancer. Je n’avais aucun symptôme ni facteur de risque. J’ai appris qu’un taux élevé d’APS ne signifie pas nécessairement que la prochaine étape est une biopsie ou une intervention chirurgicale. Tu surveilles ce taux avec ton médecin. Tu écartes la possibilité d’un faux positif. Ainsi, tu peux prendre des décisions éclairées concernant ta santé. 

Le cancer de la prostate changera ta vie. Les hommes doivent entreprendre leur traitement en sachant que les choses seront différentes. Mais il est important de rester positif : cette maladie est beaucoup plus courante qu’on ne le pense. Quand tu commences à en parler, tu découvres que beaucoup de gens en sont atteints; tu n’as pas à traverser cette épreuve dans l’isolement. La vie continue et tu t’adapteras. 

Publié le 28 nov. 2020
Mis à jour 31 août 2026

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