Le parcours de Boyd Harrison face au cancer de la prostate

Boyd Harrison
J’aimerais me présenter et te présenter ma femme, Lorrie, puis te raconter brièvement mon parcours. Je parle de parcours parce qu’il comporte de nombreuses étapes, du diagnostic au rétablissement en passant par le traitement. J’inclus Lorrie dans cette histoire parce qu’elle m’a accompagné à chaque étape. Avec d’autres membres de ma famille et des amis, Lorrie a joué un rôle essentiel dans ma réussite, et j’y reviendrai plus tard.
J’ai reçu un diagnostic de cancer de la prostate en mai 2019, à la suite d’un examen médical de routine effectué par mon médecin de famille, qui comprenait un test de l’APS. Après plusieurs consultations et examens, un chirurgien de Regina m’a informé que je ne serais pas un bon candidat à une chirurgie de la prostate en raison d’une colite rectale et du syndrome de l’intestin irritable.
Cela m’a ensuite mené à la clinique de cancérologie Allan Blair, où un oncologue m’a informé que je pouvais être dirigé vers Vancouver, en Colombie-Britannique, pour y subir une curiethérapie, qui consiste à implanter des grains radioactifs dans ma prostate.
L’inconvénient de ce traitement était qu’il causerait des cicatrices dans mon intestin et ma région pelvienne, ce qui ferait de moi un mauvais candidat à toute éventuelle chirurgie de la prostate, si elle s’avérait nécessaire. J’ai demandé un autre avis, ce qui m’a mené au Dr Jana, à Saskatoon. Il m’a fait subir une prostatectomie radicale le , qui semble jusqu’à présent avoir été un succès. Je fais actuellement l’objet d’un suivi et je dois subir des analyses sanguines tous les six mois pour vérifier mon taux d’APS.
Dans l’ensemble, mon parcours, du diagnostic au traitement, a été une expérience très positive. Cependant, j’ai constaté plusieurs différences entre Regina et Saskatoon dans la façon dont les services sont offerts. La plus importante concerne la prestation des soins de suivi. Après l’opération, j’ai eu besoin de physiothérapie du plancher pelvien, comme beaucoup d’autres patients ayant subi une intervention semblable. La principale différence est qu’à Saskatoon, cette physiothérapie est offerte à l’hôpital St. Paul’s et financée par la Saskatchewan Health Authority (SHA). À Regina, elle est uniquement offerte dans des cliniques privées, ce qui oblige le patient à payer de sa poche ou à faire couvrir les frais par une assurance privée, s’il en a une. J’ai également appris qu’à Regina, la physiothérapie du plancher pelvien est couverte par la SHA pour les patientes, mais pas pour les patients.
Lorrie et moi avons commencé à faire pression pour que la Saskatchewan Health Authority (SHA) finance la physiothérapie destinée aux hommes à Regina, mais nos démarches ont été interrompues lorsque la COVID a frappé. La situation liée à la COVID a mobilisé l’attention de la SHA, la détournant de nos démarches et d’autres questions de santé courantes. Nous prévoyons reprendre nos démarches pour obtenir ce financement lorsque la situation liée à la COVID sera mieux maîtrisée.
Il y a quelques points que je souhaite faire ressortir dans mon message. Les voici, sans ordre particulier :
• Les examens médicaux réguliers sont très importants et doivent être maintenus, même en cette période sans précédent. Assure-toi que ton médecin demande un test de l’APS, même si tu ne présentes aucun symptôme préoccupant. C’est ainsi que mon cancer a été détecté.
• Tu n’es pas seul dans ton parcours; n’hésite pas à accepter toute l’aide qui t’est offerte. Beaucoup d’autres personnes vivent ou ont vécu un parcours identique ou semblable. Inspire-toi de leurs expériences pour t’aider à traverser le tien. J’ai pu me joindre au groupe de Regina du Réseau canadien du cancer de la prostate (PCCN), qui nous a été très utile. Grâce au PCCN, nous avons rencontré beaucoup de gens formidables et reçu une foule de renseignements précieux ainsi qu’une formation continue sur le cancer de la prostate et la santé générale.
• Fais tes recherches. Si tu n’es pas à l’aise avec le traitement qui t’est proposé, demande d’autres avis. Cela a été particulièrement important pour moi puisque, l’été dernier, mon gastroentérologue a détecté trois tumeurs précancéreuses dans la partie inférieure de mon intestin, qu’il a ensuite pu retirer. Cette intervention aurait très probablement été plus difficile si j’avais opté pour la curiethérapie, comme me l’avait suggéré le premier chirurgien que j’avais consulté.
• Je crois qu’il est également très important de prendre soin de sa santé mentale. Le corps et l’esprit travaillent ensemble et s’influencent directement. Un état d’esprit positif aidera ton corps à guérir. Puisque l’esprit fait lui aussi partie de ton corps, il a également besoin de soins appropriés. Il n’y a rien de mal à obtenir des soins en santé mentale au besoin. Nous n’hésiterions pas à consulter un professionnel pour un problème de santé physique; il ne devrait pas en être autrement pour la santé mentale.
• Il est également très important de prendre soin de ta santé sexuelle en même temps que de ta santé mentale et physique. N’hésite pas à en parler avec ton professionnel de la santé. La sexualité fait partie des besoins fondamentaux d’une personne. En maintenant une bonne santé sexuelle, tu contribueras à améliorer de nombreux aspects de ta vie, comme l’estime de soi, les relations de couple, etc. Les besoins et les bienfaits varient d’une personne à l’autre.
• Il faut aussi tenir compte de la spiritualité. Celle-ci est propre à chacun et varie d’une personne à l’autre.
Quel que soit ton parcours personnel, ton cheminement doit être équilibré. Aucun élément ne peut fonctionner sans les autres. Maintenir cet équilibre peut être difficile, mais c’est essentiel pour obtenir un résultat positif.





