L’histoire de Luke : sois fort, garde la foi, tu es capable.

Lucky Luke dans le fauteuil du barbier
« Je n’oublierai jamais le jour où mon père m’a appelé pour m’annoncer qu’il avait le cancer de la prostate. J’étais loin de me douter que, quelques années plus tard à peine, j’annoncerais la même chose à mes trois fils. L’une des choses les plus difficiles quand on traverse l’épreuve du cancer, c’est de vivre ce parcours avec sa famille. De penser aux répercussions que cela pourrait avoir sur elle si notre vie devait être écourtée et d’imaginer ce que serait la sienne sans nous. Il est très facile d’être profondément bouleversé; le mot cancer a longtemps été, du moins par le passé, tellement chargé de malheur. Je connaissais très peu le cancer de la prostate lorsque mon père me l’a annoncé. Je me suis dit : “Oh merde… je me demande combien de temps il lui reste à vivre.” Je ne savais même pas que ça se traitait. Quand j’ai reçu mon propre diagnostic, j’ai aussi découvert que tous les traitements entraînent des effets secondaires vraiment effrayants, susceptibles de bouleverser une vie, et que je devrais apprivoiser mes craintes à leur égard pour avoir une chance de vaincre le cancer et, peut-être même, d’en guérir un jour. »
Mon cancer de la prostate a été diagnostiqué directement grâce à mon engagement auprès de Movember, lorsque j’ai lancé une fundraiser sur Facebook après que mon père eut terminé sa radiothérapie. J’avais dit que si je recueillais £250 $, je passerais un test de dépistage du cancer de la prostate. J’ai bel et bien recueilli l’argent et passé le test. J’ai ensuite subi une IRM qui a révélé des taches sombres nécessitant des examens plus poussés, mais j’ai attendu un an avant d’accepter de subir une biopsie. J’ai traversé quelques années d’hésitation, voire de déni.
Même après que ma biopsie a confirmé qu’il s’agissait d’un cancer et que mes résultats indiquaient qu’un traitement était recommandé, et après avoir rencontré de nombreux spécialistes pour discuter des différentes options de traitement, j’ai dit que je préférerais ne pas recevoir de traitement et opter plutôt pour ce qu’on appelle la surveillance active, qui consiste à suivre mes résultats de près. Les médecins m’ont dit que cette option n’était pas recommandée, mais mes propres recherches m’indiquaient que mes résultats étaient suffisamment bas pour me donner un peu de temps. Peut-être même éviter le traitement en stabilisant le cancer. Chez de nombreux hommes, ce cancer évolue très lentement et pourrait donc ne pas nécessiter de traitement avant cinq ou dix ans, voire plus longtemps. J’espérais qu’un nouveau traitement serait annoncé, un traitement sans effets secondaires qui me faciliterait la décision! C’est pourquoi j’ai aussi redoublé d’efforts pour recueillir des fonds pour Movember.
J’ai fait appel à mon incroyable équipe de collecte de fonds de 2017, Lucky Luke & The Mo Bros, et nous avons amassé plus de £35,000. Cette année-là, nous étions l’équipe de collecte de fonds numéro un au Royaume-Uni. En 2018, j’ai couru le marathon de New York et amassé £11,000 de plus avec une autre incroyable équipe de sympathisants. Aujourd’hui, je suis ambassadeur de Movember et je suis toujours partant pour sensibiliser les gens et discuter de tous les aspects de la santé masculine, 365 jours par année, et pas seulement pendant le mois de Mo.
Beaucoup de gars viennent me demander conseil, et le cancer de la prostate comporte tellement de facettes et de complications que ça peut être assez déstabilisant. Mais l’important, c’est de ne pas perdre de vue que, s’il est détecté tôt, tu as des options. Maintenant que j’ai reçu mon traitement, je sais que, du moins dans mon cas, les effets secondaires ne sont pas aussi terribles que je le craignais. Comme j’ai tardé à me faire traiter, mes résultats ont augmenté, ce qui a éliminé certains traitements parmi les options qui s’offraient à moi. C’est donc un élément qui mérite d’être pris en compte si tu envisages de retarder ton traitement. Pour ma part, je n’y avais certainement pas pensé. J’ai finalement opté pour la chirurgie. J’ai eu un chirurgien formidable qui a réussi à préserver les nerfs essentiels qui font le gros du travail et, 18 mois après l’opération, je peux dire que les choses se redressent, littéralement. Le parcours de chaque homme sera différent à cet égard. Ce cancer se manifeste de façon tellement unique qu’il peut être très intimidant de prendre une décision. Une décision qui, soit dit en passant, repose entièrement sur tes épaules, ce qui est aussi assez déstabilisant.
En fin de compte, j’ai confiance que Movember et les travaux qu’il rend possibles grâce aux fonds recueillis mèneront à des moyens beaucoup plus efficaces de lutter contre le cancer de la prostate. Mais ce ne sera pas pour demain, et je sais que ma femme, mes garçons et toutes les personnes qui m’aiment préféreraient me voir vivre encore quelques lendemains plutôt que d’attendre un traitement qui reste à inventer.
Alors, la morale de mon histoire, c’est : sois fort, garde espoir, tu es capable. Dans bien des cas, tu peux prendre le temps de réfléchir à ta décision. Mais une chose est certaine : plus tu t’y prends tôt, mieux c’est, car tu pourras déterminer plus rapidement quoi faire. Paix et amour — Lucky Luke xx”





