Comment je brise la glace avec mon Mo pour lancer des conversations importantes

« J’ai fini par comprendre que Movember, c’est bien plus qu’une simple moustache. »
Marcus Head, un Mo Bro, s’est engagé pour la première fois auprès de Movember il y a plus de dix ans. À l’époque, tout tournait autour de la moustache. Mais après plusieurs changements de carrière et trois enfants, Marcus constate que l’impact de Movember va bien au-delà de la bonne ambiance au travail — même si celle-ci demeure assurément un énorme avantage.
Le Mo Bro Marcus Head s’est engagé pour la première fois auprès de Movember il y a plus de dix ans. À l’époque, tout tournait autour de la moustache. Mais après plusieurs changements de carrière et trois enfants, Marcus constate que l’impact de Movember va bien au-delà de la bonne ambiance au travail — même si celle-ci demeure un énorme avantage.
Comment as-tu commencé à t’impliquer auprès de Movember?
Quand j’ai commencé à recueillir des fonds pour Movember, je venais d’obtenir mon diplôme de l’Université de Calgary et je travaillais chez Golf Town. Je trouvais que ce serait vraiment drôle si tout le monde là-bas portait la moustache pendant un mois. C’était une excellente occasion de renforcer l’esprit d’équipe et, comme nous travaillions dans le commerce de détail, nous pouvions échanger chaque jour avec la clientèle et parler de ce que nous faisions.
Quelques années plus tard, j’ai commencé à travailler chez Pembina, où je suis devenu capitaine d’une équipe Movember. Même si le plaisir de renforcer l’esprit d’équipe demeure l’une des principales raisons de soutenir Movember, j’ai compris que Movember, c’est bien plus que la Moustache. J’ai donc commencé à m’intéresser davantage aux causes que Movember soutient, particulièrement la santé mentale des hommes. Après le suicide de mon grand-père et les difficultés de santé mentale vécues par d’autres personnes qui me sont proches, j’ai développé un lien plus personnel avec les causes de Movember.
Et comment cela a-t-il changé ton expérience de Movember?
Depuis que j’ai obtenu mon diplôme universitaire, j’ai occupé quelques emplois différents, mais ils ont tous un point en commun : beaucoup de réseautage et d’interactions en personne avec des clients et des fournisseurs. Pendant Movember, lorsque je rencontre des clients et des fournisseurs, la première chose qu’ils me demandent souvent, c’est : « Qu’est-ce que tu as sur la lèvre? » Aussitôt, la moustache brise la glace et lance des conversations importantes.
Parfois, ça mène à une discussion d’une ou deux minutes, ou encore de 10 à 15 minutes. Mais si une conversation peut amener quelqu’un à demander de l’aide pour sa santé mentale ou à faire examiner sa prostate, c’est puissant; c’est pour ça qu’on fait tout ça. Ce ne sont pas seulement les fonds qu’on recueille qui comptent, mais aussi la sensibilisation.
Tu as commencé à participer à Movember au travail. Mais est-ce que ça a eu une influence sur ta vie en dehors du travail?
Quand j’ai commencé à mieux comprendre la mission de Movember, un bon ami m’a parlé des difficultés qu’il vivait sur le plan de la santé mentale. Ça m’a bouleversé quand il s’est confié à moi pour la première fois. Nous étions meilleurs amis depuis le début du secondaire, et je n’avais aucune idée qu’il traversait une période difficile. Depuis, nous avons eu de bonnes discussions à cœur ouvert. Le fait qu’il se soit confié à moi au sujet de ses difficultés m’a aidé à me sentir plus à l’aise de m’ouvrir à mon tour.
Et maintenant que je suis père, je veux élever mes enfants de façon à ce qu’ils se sentent à l’aise d’exprimer leurs émotions, qu’ils comprennent pourquoi ils se sentent comme ils se sentent et qu’ils sachent qu’ils peuvent venir me parler en tout temps. Je veux que mes enfants grandissent dans un milieu où on ne leur dit pas constamment de « faire un homme d’eux » et d’endurer en silence. Je veux bien sûr qu’ils soient résilients et forts face à l’adversité, mais pour y arriver, ils doivent aussi savoir que parler à quelqu’un ou demander de l’aide est un signe de force, et non de faiblesse.
Je suis loin d’être parfait à cet égard, et il m’arrive plus souvent que je le voudrais de faire des erreurs dans ma façon de parler à mes enfants. Mais même dans ces moments-là, j’espère leur apprendre que tout le monde fait des erreurs et que la bonne chose à faire, c’est de les reconnaître. Même quand je leur dis des choses que je n’aurais pas dû dire, je prends le temps de m’asseoir avec eux pour leur expliquer ce que je ressentais, pourquoi j’ai dit ce que j’ai dit, ce que j’aurais dû mieux faire, et pour leur présenter mes excuses. J’espère ainsi transformer la situation en une occasion d’apprentissage.
Qu’espères-tu pour l’avenir de la santé des hommes?
J’espère que mes enfants pourront grandir en se sentant en sécurité d’exprimer leurs émotions, de demander de l’aide et de s’ouvrir quand ils en ont besoin. Les ateliers sur la santé mentale destinés aux jeunes du secondaire et soutenus par Movember, comme Man Cave et SpeakEasy, seront utiles. Je n’ai jamais eu accès à quoi que ce soit de semblable quand j’étais plus jeune. Ces programs aideront davantage d’hommes à se sentir à l’aise de parler de ce qu’ils vivent et des difficultés qu’ils traversent. Il suffit qu’une personne se confie et se montre vulnérable pour que les autres comprennent plus facilement qu’ils ne sont pas seuls, peu importe les difficultés auxquelles ils font face. Je vais terminer avec l’une de mes citations favourites, celle-ci de Brené Brown : « Ce qui est difficile, c’est que la vulnérabilité est la première chose que je cherche chez toi et la dernière chose que je suis prêt à te montrer. Chez toi, c’est du courage et de l’audace. Chez moi, c’est de la faiblesse. »




