Santé mentale
Cinq obstacles qui t’empêchent d’amorcer la conversation avec ton ado

Il a l’air d’aller bien. Mais ce n’est pas toujours le cas.
Comment les surmonter, amorcer la conversation et prendre des nouvelles.
Personne ne te dit que tu as le droit de t’y prendre maladroitement pour amorcer cette conversation. Alors, la plupart des gens ne l’amorcent pas du tout.
Oui, on parle bien de prendre de ses nouvelles.
Tu sais, cette conversation-là. Tu as peut-être remarqué que quelque chose ne va pas chez une personne qui te tient à cœur. Tu veux lui en parler. Mais tu ne sais pas exactement quoi dire. Alors, tu attends.
Grâce à des programmes comme Ahead of the Game de Movember, nous savons que ce dont la plupart des parents et des personnes proches aidantes ont réellement besoin, ce n’est pas de plus d’information sur la santé mentale. C’est d’une façon d’aborder le sujet. De quelque chose qui leur permet de se sentir à l’aise d’en parler.
Les chercheurs appellent ça une « permission d’en parler ». Parfois, elle vient d’une expérience vécue ensemble, de quelque chose que vous avez regardé ensemble ou de l’histoire d’un ami racontée pendant le souper. Bref, de tout ce qui vous permet d’éviter d’aborder le sujet sans préambule.
Cet article est un outil de plus pour t’aider. Il ne te donnera pas un scénario parfait, mais il te proposera une façon d’amorcer la conversation.
Voici les cinq choses qui t’empêchent probablement d’en parler, et comment surmonter chacune d’elles.
1. « Je n’ai pas l’impression que c’est à moi d’intervenir. »
<p>Si, ça l’est. C’est justement ça, l’idée.</p>
Les jeunes sont plus susceptibles de se tourner vers une personne en qui ils ont déjà confiance : un parent, un entraîneur ou une personne proche aidante. Mais beaucoup hésitent parce qu’ils s’inquiètent de la réaction des autres. Il faut donc que quelqu’un fasse le premier pas. Et cette personne, c’est toi.
Tu n’as pas besoin de qualifications. Tu as besoin d’une relation de confiance. Et ça, tu l’as déjà.
2. « Je ne sais pas quand ni où le faire. »
Côte à côte, ça fonctionne mieux que face à face. Moins de contact visuel, moins de pression, plus de chances que la personne s’ouvre vraiment.
Une balade en voiture. Promener le chien. Jouer au ballon. Faire la vaisselle. Profite de n’importe quel moment où vous faites quelque chose ensemble et où la conversation peut avoir lieu en même temps, sans prendre toute la place.
Ne les coince pas à table pendant le souper. Ne le fais pas devant leurs amis. Ne leur tombe pas dessus dès qu’ils franchissent la porte. Le cadre ALEC aborde le choix du moment plus en détail.
3. « Je ne sais pas quoi dire. »
Reste simple. Va droit au but. Tu n’as pas besoin d’un texte préparé, juste d’une phrase qui montre que tu as été attentif.
« J’ai remarqué que tu sembles avoir moins d’énergie ces derniers temps. Comment ça va? »
« Tu ne sembles pas tout à fait toi-même ces derniers temps. Qu’est-ce qui se passe? »
« Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression que quelque chose ne va pas. Tu veux en parler? »
« Comment te sens-tu ces derniers temps? »
L’important, c’est d’être précis, pas vague. Il est facile de répondre « oui » ou « ça va » à des questions comme « Ça va? » ou « Tout va bien? » pour éviter d’en parler. Mais dire « J’ai remarqué que... » montre que tu as été attentif. Il devient alors plus difficile de t’écarter avec une réponse en un seul mot.
Tu ne sais pas trop quels signes surveiller? Voici comment reconnaître qu’une personne n’est pas dans son état habituel.
Parfois, la façon la plus simple d’amorcer la conversation, c’est de faire le premier pas. Parle de ta propre semaine, de quelque chose de vrai, sans faire semblant que tout va bien.
Ça n’a pas besoin d’être lourd. Même une petite confidence, comme admettre que tu as vécu du stress au travail ou que quelque chose te préoccupe, montre qu’ici, tu peux faire preuve de ce genre d’honnêteté.
Tu ne leur mets pas de pression pour qu’ils se confient. Tu leur montres simplement que la porte est ouverte.

Il a l’air de bien s’en sortir. Demande-lui quand même.
4. « J’ai peur d’empirer les choses. »
Tu ne vas pas empirer les choses. Et voici pourquoi : le simple fait d’être là, c’est déjà plus que ce que font la plupart des gens.
Cela dit, il vaut mieux éviter certaines choses. N’essaie pas de régler le problème. Ne lui dis pas que ce n’est pas grave. Ne ramène pas la conversation à toi. Ne transforme pas ça en interrogatoire. Tu ouvres une porte, tu ne mènes pas une entrevue.
La conversation n’a pas besoin d’être parfaite. Elle doit simplement avoir lieu. Pour en savoir plus sur ce qu’il vaut mieux éviter, consulte ce guide.
5. « Et si la personne ne se confie pas? »
Ce n’est pas un échec. C’est normal.
Parfois, la première conversation sert simplement à montrer que tu es là. Tu as semé une graine. Tu as fait comprendre qu’on peut parler en toute confiance. Ça compte plus que tu ne le penses.
Essaie :
« C’est correct, on n’a pas besoin d’en parler maintenant. Sache simplement que je suis là si tu veux parler. »
Puis, reviens-y. Cette étape est importante. Une seule conversation suffit rarement, mais une deuxième montre à la personne que tu étais sincère. L’étape de suivi ALEC explique comment reprendre contact.
Commence cette semaine
Toutes les raisons sur cette liste? Tu as maintenant une réponse pour chacune d’elles.
Choisis une personne. Choisis une phrase. Trouve un moment qui semble naturel. Ça n’a pas besoin d’être lourd, formel ou parfait. Ça peut se faire dans les petits moments du quotidien.
S’il y a une chose à retenir, c’est celle-ci :
« J’ai remarqué que tu ne sembles pas être toi-même ces derniers temps. Comment vas-tu? »
C’est amplement suffisant pour commencer.
Et si la personne s’ouvre à toi :
- Tu ne sais pas quoi faire ensuite? Voici un guide pour les parents d’ados.
- Tu penses que cette personne pourrait avoir besoin de soutien professionnel? Voici comment l’aider à en trouver.
Tu traverses une période difficile ou tu t’inquiètes pour quelqu’un? Trouve des ressources de soutien ici.




