Forme mentale

Quoi faire quand quelqu’un te confie avoir des pensées suicidaires

Deux hommes marchant côte à côte dans un parc, vus de dos.

Ta présence compte plus que tu ne le penses.

Personne n’est prêt à avoir cette conversation. Si une personne qui t’est proche vient de te dire qu’elle songe à mettre fin à ses jours, tu peux avoir l’impression que le sol se dérobe sous tes pieds.

Tu ne sais peut-être pas quoi dire, ni si ce que tu diras pourra aider.

La vérité, c’est que tu n’as pas besoin d’avoir toutes les réponses. Tu dois simplement être là.

Cet article présente les signes avant-coureurs à surveiller, ce qu’il faut dire quand ça compte le plus et ce qu’il vaut mieux éviter à tout prix.

Signes qu’une personne pourrait être à risque

Certains facteurs peuvent augmenter le risque qu’une personne ait des pensées suicidaires. En voici quelques-uns :

  • des expériences douloureuses passées ou présentes, comme la maltraitance, la perte d’un emploi, la fin d’une relation ou le décès d’un proche
  • des antécédents familiaux de suicide
  • des pensées suicidaires antérieures ou une tentative de suicide passée
  • consommation de substances
  • des problèmes de santé mentale ou physique.

Les changements soudains dans le comportement d’une personne méritent aussi d’être pris au sérieux. Sois attentif si une personne qui compte pour toi :

  • semble plus irritable ou se met en colère plus rapidement que d’habitude
  • s’éloigne de ses amis ou se désintéresse des activités qui lui plaisent habituellement
  • prend plus de risques ou agit de façon imprudente
  • n’arrive pas à dormir ou dort beaucoup plus que d’habitude
  • a perdu sa motivation au travail ou à l’école
  • commence à parler de la mort ou à exprimer un sentiment de désespoir
  • commence à dire ou à faire des choses qui ressemblent à des adieux.

Si tu remarques l’un de ces signes, n’attends pas. Parles-en.

Pensées suicidaires passives ou actives

L’intensité des pensées suicidaires peut varier. La plupart des spécialistes reconnaissent deux grandes catégories :

Idées suicidaires passives : lorsqu’une personne dit ne plus vouloir être là. Par exemple : « Ce serait plus facile si je ne me réveillais tout simplement pas. »

Idées suicidaires actives : lorsqu’une personne pense activement à mettre fin à ses jours. Par exemple : « Je pense à en finir. »

Important : les deux doivent être prises au sérieux. Peu importe si ton ami a un plan concret ou s’il n’y pense que vaguement. Crois-le. Agis.

A middle-aged man with a moustache and glasses gazing into the distance on an overcast day.

Personne ne devrait avoir à porter ce fardeau seul.

Quoi dire

Pose des questions ouvertes

Laisse-leur l’espace nécessaire pour parler. Les questions qui demandent plus qu’un simple oui ou non sont plus susceptibles de lancer la conversation :

« Comment ça va à la maison en ce moment? »
« Tu sembles traverser une période difficile ces derniers temps. Qu’est-ce qui se passe? »

Va droit au but

Ce n’est pas le moment de tourner autour du pot. Si tu crains qu’une personne pense au suicide, pose-lui directement la question.

« Est-ce que tu penses au suicide? »

Beaucoup de gens craignent que poser la question puisse mettre cette idée dans la tête de la personne. Ce n’est pas le cas. Des données probantes solides montrent qu’aborder directement le sujet peut réellement aider. Cela peut éviter à une personne de porter seul le poids de ces pensées et, si elle n’y songe pas, la question ne lui fera aucun tort.

Si la personne répond oui, va un peu plus loin :

« As-tu pensé à la façon dont tu t’y prendrais? »
« As-tu peur de passer à l’acte? »
« Depuis combien de temps te sens-tu comme ça? »
« T’es-tu déjà senti comme ça auparavant? »
« As-tu déjà essayé de t’enlever la vie? »

Ces questions t’aident à déterminer si la personne est en danger immédiat, si elle a commencé à élaborer un plan ou si elle est déjà passée à l’action. Peu importe ce qu’elle te dit, prends-le au sérieux.

Écoute sans juger

Cette conversation ne sera pas facile. Tu pourrais avoir peur, te sentir triste ou complètement désemparé. C’est normal. Mais en ce moment, ton ami a besoin que tu sois là et que tu l’écoutes sans le juger.

Reformule dans tes propres mots ce que ton ami te dit. Ça lui montre que tu l’as vraiment écouté et l’aide à se sentir moins seul. Tu n’as pas besoin de régler quoi que ce soit ni d’avoir toutes les réponses. Ta présence suffit.

Rappelle-toi : aussi difficile que cette conversation puisse être, il vaut mieux découvrir tôt qu’une personne qui compte pour toi pense au suicide, pendant que tu as encore le pouvoir d’agir. N’attends pas qu’il soit trop tard.

Rassure la personne

Laisse tomber les clichés. Tu n’as pas besoin de tout régler avec une phrase toute faite. Fais-leur simplement savoir que tu es là pour eux. Voici quelques phrases qui valent la peine d’être dites :

  • Reconnais ce que la personne ressent : « Je suis désolé que les choses aient été aussi difficiles. Tu en as beaucoup sur les épaules. »
  • Rappelle-lui qu’il n’est pas seul : « Tu n’es pas le seul à avoir ressenti ça. Je suis vraiment content que tu m’en aies parlé. »
  • Assure-toi qu’ils savent que tu es là :« Je ne vais nulle part. Je suis là. »
  • Fais-leur savoir qu’il y a de l’espoir :« Je sais que tu n’en as pas l’impression en ce moment, mais les choses peuvent s’améliorer. Voyons ensemble comment t’obtenir de l’aide. »

Ce qu’il ne faut pas dire

Ne conteste pas ce que la personne ressent et ne minimise pas ses émotions

Évite de dire des choses comme :

« Mais tu as tellement de raisons de vivre. »
« Les choses ne vont pas aussi mal que tu le penses. »
« Tu ne devrais pas te sentir comme ça. »

Ces réponses peuvent sembler logiques, mais elles ont l’effet d’une porte qu’on claque au nez de la personne.

N’essaie pas de les faire changer d’idée en les culpabilisant

Jouer sur la culpabilité ne fait qu’ajouter à la souffrance d’une personne qui va déjà mal. Évite de dire des choses comme :

« Le suicide est un geste égoïste. »
« Pense à l’effet que ça aurait sur toutes les personnes qui tiennent à toi. »
« Imagine ce que je ressentirais si tu faisais ça. »

Ne minimise pas la situation et ne la balaie pas du revers de la main

Considérer les pensées suicidaires comme une façon d’attirer l’attention, ou supposer qu’elles vont passer, peut accentuer le sentiment de solitude de la personne. Prends toujours la situation au sérieux. Ne présume jamais que la personne exagère. Voici quelques comportements à éviter :

« Tu as juste besoin de prendre un peu de recul. »
« Tu dis ça juste pour attirer l’attention. »
« Tu ne passerais pas vraiment à l’acte. »
« Tu te sentiras mieux demain. »

Fais attention à ce que tu dis

Certains termes liés au suicide ont plus de poids qu’on ne le pense. Évite d’utiliser des expressions comme :

  • « s’est suicidé » (utilise plutôt « est mort par suicide »)
  • « réussi » ou « non réussi » en parlant d’un suicide (utiliser « est décédé par suicide » ou « a tenté de s’enlever la vie »)
  • « suicide accompli » (même recommandation que ci-dessus).

Ce que tu peux faire pour aider

Garde la porte ouverte

Ne les pousse pas à parler avant qu’ils soient prêts. Fais-leur savoir que tu es là et que ta porte leur sera toujours ouverte. Une seule conversation règle rarement tout, et c’est correct.

Encourage-les à obtenir du soutien professionnel

Propose-leur de les aider à trouver quelqu’un à qui parler ou de les accompagner à un premier rendez-vous. Il se peut que l’idée ne les emballe pas tout de suite. Ce n’est pas grave. Continue de les encourager avec douceur, au fil du temps.

Aide la personne à établir un plan de sécurité

Un plan de sécurité, c’est essentiellement une liste de personnes et de services que la personne peut contacter si la situation s’aggrave. Passez-le en revue ensemble. Le mettre par écrit le rend concret et prêt à servir.

Si cette personne est en danger immédiat, ne la laisse pas seule. Emmène-la à l’urgence la plus proche ou appelle les services d’urgence. Ce n’est pas le moment d’attendre pour voir comment la situation évolue.

Continue de prendre de ses nouvelles

Ne disparais pas après avoir eu cette conversation. Prends régulièrement de ses nouvelles. Toutes vos conversations n’ont pas besoin de porter sur le suicide. Mais reviens précisément sur le sujet jusqu’à ce que tu constates que la personne va mieux.

Précise quand tu reprendras contact. Un vague « Je t’appelle bientôt » peut facilement tomber dans l’oubli. Fixe un jour et une heure, puis sois au rendez-vous.

Lignes de soutien en cas de crise

Si toi ou quelqu’un que tu connais avez besoin d’aide dès maintenant, les services suivants sont disponibles :

Australie : Lifeline : 13 11 14 | Urgences : 000

États-Unis : Ligne d’aide en cas de crise ou de pensées suicidaires : 988 | Urgence : 911

Canada : Parlons suicide : 833-456-4566 ou texte 45645 | Urgence : 911

Royaume-Uni : Ligne nationale de prévention du suicide : 0800 689 5652 | Urgence : 999

Tu n’as pas besoin d’avoir toutes les réponses ni de trouver les mots parfaits. Tu dois simplement être là, rester à leurs côtés et les aider à obtenir du soutien. C’est amplement suffisant.

Tu traverses une période difficile ou tu t’inquiètes pour quelqu’un? Trouve des ressources de soutien ici.

Publié le 31 août 2026

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