Forme mentale
Aide-le à gérer la pression

La pression est bien réelle. Le soutien aussi.
Trois techniques pour aider un jeune homme dans ta vie à canaliser son énergie et à croire en lui quand la pression monte.
Samedi après-midi. Le match est en jeu. Le ballon arrive à un jeune homme à quarante mètres du but. La foule rugit. La voix dans sa tête est encore plus forte : ne rate pas, ne rate pas, ne rate pas.
Les meilleurs botteurs comprennent une chose que la plupart d’entre nous apprennent à la dure : il t’arrivera de rater ton coup. Ça arrive à tout le monde. Ce qui distingue les meilleurs, ce n’est pas qu’ils ne ratent jamais leur coup. C’est qu’ils ne se laissent pas abattre. Ils ont cessé de jouer le match dans leur tête et ont plutôt commencé à suivre leur routine.
C’est la même chose en dehors du terrain. Quand un jeune qui te tient à cœur reste pris dans les « et si… » avant un moment important — que ce soit un gros match, un examen ou une première journée de travail —, tu ne peux pas faire disparaître sa nervosité. Mais tu peux l’aider à se concentrer sur ce qu’il peut contrôler, à faire de nouveau de sa petite voix intérieure une alliée et à lui rappeler que la gestion de la pression, ça s’apprend.
Contrôle ce que tu peux contrôler
La première chose à faire, c’est de ramener leur attention sur ce qu’ils peuvent réellement influencer. Assieds-toi avec eux et divise le problème en deux catégories : ce qui est sous leur contrôle et ce qui ne l’est pas. Ça leur enlève tout de suite un poids des épaules, parce que, dans les moments importants, une bonne partie du fardeau vient généralement de choses qu’ils n’auraient jamais dû avoir à porter.
Revenons au carré de but. Un joueur ne peut contrôler ni le vent, ni l’arbitre, ni l’homme aux opinions bien tranchées assis dans la rangée F. Ce qu’il peut contrôler, c’est sa routine : le même nombre de pas vers l’arrière, la même respiration, le même point sur le ballon. La routine détourne son attention du résultat (« et si je rate mon coup? ») pour la ramener sur le processus (« fais simplement ta course d’élan habituelle »). C’est ce changement d’attention qui aide vraiment les gens à tenir le coup sous pression.
C’est la bonne approche dans n’importe quel moment difficile, sur le terrain comme ailleurs. Concentre-toi sur le processus, pas sur le résultat. Maîtrise ce que tu peux maîtriser et lâche prise sur le reste.
Aide-les à faire de leur petite voix intérieure une alliée
On a tous une petite voix dans notre tête. Sous pression, elle se fait plus forte et plus dure. La façon dont on se parle dans ces moments-là a un effet réel sur notre performance et sur ce qu’on ressent.
Demande-lui : est-ce que tu parlerais comme ça à un coéquipier? Tu ne t’acharnerais jamais sur un ami après une erreur. Tu lui dirais : pas de chance, passe à autre chose, tu réussiras la prochaine fois. Aide cette personne à diriger cette même énergie vers elle-même. « Je m’adapte aux conditions, je passe à autre chose et je réussirai la prochaine fois. » Il ne s’agit pas de ne pas tirer de leçon. Il s’agit d’être ton propre entraîneur plutôt que ton propre détracteur.
C’est la même chose pour les forces. Quand tout va de travers, le cerveau adore énumérer tout ce qu’on fait mal. Renverse la vapeur. Aide la personne à nommer ce qu’elle fait vraiment bien : « Je garde mon calme. Je trouve toujours le moyen de revenir dans le match. » C’est une base solide sur laquelle s’appuyer. Et si la personne n’arrive pas à voir ses propres forces quand elle est en plein dedans, nommes-en quelques-unes pour elle. Souvent, tu les remarqueras avant elle.

Parfois, le match le plus difficile est celui qui se joue dans ta tête.
Développe un état d’esprit axé sur la croissance
Les hommes qui gèrent le mieux la pression ne sont pas nés comme ça. Ils ont appris à le faire. Ils ont connu de mauvaises journées, fait des erreurs et persévéré. C’est cet état d’esprit que tu essaies de développer chez un jeune : non pas « Je ne suis pas bon sous pression », mais plutôt « Je m’améliore dans ma façon de gérer la pression. »
Ce passage d’un état d’esprit fixe à un état d’esprit de croissance est l’un des fondements de la résilience. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Mais chaque fois qu’un jeune se relève après un moment difficile, il renforce sa résilience.
Remonte dans tes souvenirs
Repense à la dernière fois qu’une grande source de stress ne te lâchait pas, comme une entrevue d’embauche, un discours ou une conversation que tu remettais sans cesse à plus tard. Tu te souviens du pire scénario qui tournait en boucle dans ta tête, et à quel point tu avais peu de contrôle sur ce que tu redoutais? C’est exactement ce que vit un jeune avant d’affronter une situation qui compte pour lui.
Plan de match
La prochaine fois que tu vois un jeune homme se mettre dans tous ses états avant un moment important, n’essaie pas de le convaincre de ne pas être nerveux. Aide-le plutôt à composer avec sa nervosité.
Aide-le à distinguer ce qu’il ne peut pas contrôler de ce qu’il peut contrôler. Certains jeunes hommes préfèrent mettre le tout sur papier — deux colonnes, côte à côte. D’autres préfèrent en parler sur le chemin du retour. Les deux approches fonctionnent.
Puis, pose-lui une question : qu’est-ce que tu sais vraiment bien faire qui pourrait t’aider dans cette situation?
Tu pourrais constater que ça t’apaise aussi.
Tu traverses une période difficile ou tu t’inquiètes pour quelqu’un? Trouve des ressources de soutien ici.




