Fais la connaissance du détenteur d’un record mondial Guinness qui traverse l’Amérique à pied, pieds nus, pour la santé des hommes

Un homme appuyé sur un chariot à roulettes marche pieds nus dans un champ, avec une chaîne de montagnes en arrière-plan

« C’est aussi simple que d’utiliser mes deux pieds nus pour changer les choses pour quelqu’un d’autre. »

Le Mo Bro et détenteur d’un record mondial Guinness Anton Nootenboom, alias The Barefoot Dutchman, se dépasse pour la santé masculine en traversant les États-Unis à pied, d’une côte à l’autre, afin de sensibiliser la population à la santé mentale des hommes.

Anton Nootenboom, alias The Barefoot Dutchman, détient actuellement le record mondial Guinness de la plus longue randonnée pieds nus. Il cherche maintenant à battre son propre record, le tout pour soutenir la santé mentale des hommes.

 

La mission de Movember m’a vraiment interpellé. C’est déjà dans le slogan : « changer le visage de la santé masculine ». C’est exactement ce que j’essaie de faire. Pour moi, marcher pour Movember allait de soi. C’est grâce à l’excellent travail que vous faites partout dans le monde. Il ne s’agit pas seulement de l’Amérique ni des Pays-Bas. Ça concerne tout le monde. Chaque minute, un homme se suicide. Mais c’est un enjeu mondial, alors je veux m’y attaquer à l’échelle mondiale. J’espère que cette histoire se rendra aux quatre coins de la planète.

Comment mon parcours en santé mentale a commencé

Je me suis lancé parce que j’ai moi-même dû traverser des difficultés psychologiques assez graves pour comprendre que ça n’a rien à voir avec le fait d’être un homme ou une femme, mais tout à voir avec le fait d’être humain. En cours de route, alors que je commençais à m’en sortir, j’en ai beaucoup appris sur ce qu’est la santé mentale et sur le nombre de personnes qu’elle touche. J’ai compris que je n’étais pas seul et, dans ce processus, j’ai découvert les statistiques sur la santé mentale des hommes et à quel point elle les touche différemment, parce qu’on naît et qu’on grandit avec cette vieille mentalité : « Ne pleure pas, sois un homme. » J’ai travaillé dans des milieux très masculins. J’ai été dans l’armée pendant 10 ans. J’ai travaillé dans la construction pendant 6 ans, et je l’ai constaté. Dès que j’en ai pris davantage conscience, je me suis soudainement rendu compte que ça se produisait partout et j’ai compris l’ampleur du problème.

Beaucoup de gens pensent que mes problèmes de santé mentale sont attribuables à mon passage dans l’armée. Ce n’est pas le cas. Ils découlent plutôt d’une accumulation de choses qui auraient pu arriver à n’importe qui : une peine d’amour, des difficultés financières, une situation précaire en matière de logement et d’emploi, une perte d’identité.

Ma mission

J’ai entrepris cette mission pieds nus parce que je ne veux pas que quelqu’un d’autre se sente seul. C’est correct d’être vulnérable. C’est correct de montrer ses émotions. Et si tu le fais, ça va déjà tellement t’alléger que tu auras l’impression de ne pas avoir à traverser ça tout seul. C’est donc pour ça que cette mission est devenue si importante pour moi. Parce que je vois que c’est un énorme problème dont personne ne parle, puisque la santé mentale est encore taboue. On est quand même en 2024. On se rend sur toutes sortes de planètes, mais on ne sait toujours pas comment parler de nos émotions.

Quand je vivais à Sydney, j’ai commencé à marcher pieds nus. J’étais en plein cheminement en santé mentale et, à un moment donné, j’ai appris que marcher pieds nus pouvait réellement être bénéfique pour la santé mentale. Quand j’ai réussi à surmonter mes propres difficultés, c’était comme si tous les ingrédients d’une potion s’étaient réunis.

Après avoir passé autant de temps dans l’armée, je connais cette force intérieure : quand on est mis à l’épreuve physiquement et mentalement et qu’on a l’impression de ne plus pouvoir avancer, on n’est en fait qu’à 10 % de nos capacités. Nous avons tellement plus de ressources en nous que nous le croyons. J’avais un peu perdu ce sentiment, alors je voulais le retrouver. En même temps, je voulais montrer aux autres que je n’ai rien de spécial ni de différent, et que nous avons tous cette même force en nous. Je voulais me sentir au sommet du monde.

Alors, je me suis dit : pourquoi ne pas aller dans la plus haute chaîne de montagnes de la planète, l’Himalaya? J’ai décidé de me rendre au camp de base du mont Everest… pieds nus. En arrivant au camp de base, j’ai aperçu un gros rocher. J’ai avancé tant bien que mal vers lui sur mes pieds endoloris et, dès que mes doigts l’ont touché, toutes les émotions m’ont envahi en même temps. Mais j’ai aussi compris que je tenais quelque chose. Il me suffisait de mes deux pieds nus et de ma volonté pour changer la vie de quelqu’un d’autre. Tout à coup, j’avais une nouvelle raison d’être.

Traverser le pays pour Movember

À mon retour de l’Everest, je travaillais encore sur ma santé mentale. J’ai donc décidé d’établir un nouveau record mondial de marche en Australie, en parcourant la distance entre Cairns et Sydney, afin de raconter mon histoire et de sensibiliser les gens au suicide chez les hommes et à la santé mentale. Et maintenant, je recommence en Amérique.

Je suis parti le 7 février de la plage de Santa Monica, à Los Angeles, et je vais marcher jusqu’à Times Square, à New York. Je vais traverser le pays pieds nus. Ça représente environ 3 100 milles.

Je me suis associé à Barebarics, qui fabrique d’incroyables chaussures de sport minimalistes, pour cette marche pieds nus au profit d’une cause et cette campagne commune que nous avons appelée #BraveMenTalk, afin de sensibiliser les gens à la santé mentale des hommes. Dès que nous entendons le mot « courageux », quelque chose se déclenche en nous. Nous relevons le menton et bombons le torse. Nous espérons donc que cette campagne allumera une étincelle et sèmera une idée chez les hommes, pour qu’ils commencent à se dire : « Je suis courageux si je parle. »

J’espère rencontrer beaucoup de gens et leur donner envie d’aller chercher davantage dans la vie pour eux-mêmes. J’espère qu’en entendant mon histoire, les gens se sentiront en sécurité et oseront raconter la leur, créant ainsi un effet d’entraînement. Donner l’exemple, c’est ma devise dans la vie. C’est quelque chose que l’armée m’a appris. Alors, simplement en racontant ces histoires, j’espère créer un espace sécuritaire où d’autres pourront se dire : « D’accord, s’il peut le faire, moi aussi. » Comme dans Forrest Gump, j’espère qu’à un moment donné, des gens se joindront à moi pour marcher, discuter, prendre part à cette aventure et raconter leur histoire.

Le message que je veux te transmettre

Ton histoire a le pouvoir de sauver la vie de quelqu’un. C’est le message que je m’efforce de transmettre. Tout le monde ressent un certain malaise à raconter son histoire, mais chacun doit savoir qu’il peut être à l’origine d’un effet d’entraînement. Même si tu es avec un groupe de mates et que tu dis simplement : « Hé, je traverse une période difficile », ça pourrait créer un espace sécuritaire. L’un de tes mates pourrait te répondre : « Merde! Ça fait déjà un an que je vis la même chose. Je suis tellement heureux de savoir que je ne suis plus seul. » Je veux que les hommes sachent que raconter leur histoire n’est pas un fardeau. Au contraire, ça crée un espace sécuritaire pour les gens autour d’eux et leur permet de savoir qu’ils ne sont pas seuls, que quelqu’un d’autre vit la même chose.

Tu peux créer et préserver un espace où une autre personne se sent en sécurité, et ainsi réellement sauver une vie.

 

Apprends-en plus sur le « Barefoot Dutchman » et suis son périple à travers le pays.

Publié le 21 mars 2024
Mis à jour 29 août 2026

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