Démystifier les mythes sur la santé des hommes

Déboulonner les mythes sur la santé des hommes
De nouvelles recherches montrent qu’en fait, les hommes accordent la priorité à leur santé globale, tout en ayant davantage besoin de se concentrer sur leur santé mentale.
Les hommes sont connus pour leur tendance à éviter de faire face à leurs problèmes de santé, mais une nouvelle étude commandée par Movember, un organisme de bienfaisance de premier plan en santé masculine, laisse entendre que ces stéréotypes tenaces pourraient enfin commencer à évoluer dans le bon sens.
À l’occasion de la Semaine de la santé des hommes (du 12 au 18 juin), le sondage mondial, mené par Ipsos auprès de 2 155 Canadiens âgés de 18 à 75 ans, a révélé que quatre hommes canadiens sur cinq (80 %) avaient consulté leur professionnel de la santé au moins une fois au cours des 12 derniers mois. En fait, davantage d’hommes (49 %) que de femmes (43 %) ont indiqué qu’ils consulteraient un professionnel de la santé dès qu’ils remarqueraient un problème de santé, ce qui remet en question la perception courante selon laquelle les hommes ignorent leurs problèmes de santé ou tardent à demander un avis médical.
Même si, traditionnellement, on présume que les hommes ont besoin d’un coup de pouce lorsqu’ils font face à des problèmes de santé physique, près de la moitié des hommes sondés (47 %) ont affirmé prendre eux-mêmes rendez-vous avec leur professionnel de la santé ou que ce rendez-vous est pris pour eux, sans qu’on ait à les inciter. Parmi les 27 % d’hommes qui avaient besoin d’un petit rappel amical, plus de la moitié (53 %) ont indiqué que celui-ci venait de leur partenaire ou conjoint, ce qui nous rappelle que la santé des hommes ne touche pas que les hommes.
Fondé il y a 20 ans, Movember s’emploie depuis à faire bouger les choses, à déconstruire ces stéréotypes masculins courants et à sensibiliser le monde entier à la santé masculine, tout en encourageant les hommes à accorder la priorité à leur bien-être mental et physique. Ce tout dernier sondage, qui explore les attitudes actuelles des hommes à l’égard de leur santé, permet de mieux comprendre les progrès qui ont pu être réalisés, mais montre aussi clairement qu’il reste encore du travail à faire, particulièrement en ce qui concerne le bien-être mental des hommes.
Bien que les statistiques donnent matière à un certain optimisme lorsqu’on analyse l’attitude des hommes à l’égard de leur santé physique, on ne peut pas tout à fait en dire autant de leur attitude envers la santé mentale. Le sondage a révélé que, dans l’ensemble, les Canadiens étaient plus susceptibles d’accorder la priorité à leur santé physique (37 %) qu’à leur santé mentale (28 %). Toutefois, alors que près du tiers des femmes ont indiqué que la santé mentale était une priorité absolue, seulement le quart des hommes ont fait de même.
Bien que les hommes aient tendance à agir rapidement lorsqu’ils remarquent des symptômes physiques, comme une bosse sur un testicule ou du sang dans leurs selles (81 % et 80 %, respectivement, ont indiqué qu’ils demanderaient de l’aide dans les deux semaines), plus du tiers des hommes (35 %) attendraient un mois ou plus avant de demander de l’aide s’ils se sentaient déprimés ou agités plus souvent qu’à l’habitude, deux signes qui peuvent annoncer des problèmes de santé mentale comme l’anxiété et la dépression.
Fait inquiétant, un homme sur quatre (26 %) a déclaré qu’il attendrait plus d’un an ou ne prendrait tout simplement pas rendez-vous si de tels sentiments se manifestaient. Malheureusement, cette tendance concorde avec les résultats de recherches antérieures menées par organisation. Dans le cadre d’un sondage commandé par Movember en 2021, 75 % des Canadiens estimaient que les hommes de leur entourage étaient moins susceptibles que les femmes de parler de leurs préoccupations en matière de santé mentale.




