Travis Harth, ambassadeur communautaire de Movember, raconte son expérience comme père

Travis Harth
J’ai toujours su que je voulais être père, mais quand je le suis vraiment devenu, je me suis rendu compte que je n’étais absolument pas prêt (et je ne le suis toujours pas). Entre le médecin qui m’a confié ma fille tout de suite après sa naissance (plutôt qu’à mum, comme je pensais que ça se passerait d’après les films...) et mes efforts pour comprendre tout ce qui intéresse une adolescente, j’ai toujours eu l’impression d’être sur mes talons et d’essayer de rattraper mon retard. Mais je ne changerais ça pour rien au monde. Une partie du plaisir, c’est quand je la rattrape et la dépasse, que les rôles s’inversent et que je peux lui transmettre mes expériences et mes connaissances.
Être père, c’est la plus belle chose au monde, mais ça demande des efforts constants. Il m’arrive de ne pas me sentir du tout à la hauteur et de me demander : « Est-ce que j’en fais assez? » ou si les autres pères s’en sortent mieux que moi. Ça peut peser lourd sur le moral, mais j’essaie de transformer ces inquiétudes en énergie positive en la regardant continuer de grandir et de s’épanouir pour devenir une personne extraordinaire. Prendre quelques instants pour me rappeler que je dois bien faire quelque chose de correct m’aide à continuer d’avancer comme père. Le travail et mon insouciance égoïste ont fait en sorte que j’ai été absent ou distrait pendant une bonne partie de sa jeunesse, alors que sa mum assumait — et assume encore — la majeure partie des responsabilités parentales. Je sais maintenant que je ne pourrai jamais rattraper ce temps perdu, et je fais tout mon possible pour être aussi présent que je le peux.
J’ai passé beaucoup de temps absorbé par ce que je faisais ou par ce que je jugeais important, sans prendre le temps de m’arrêter, de prendre du recul, de me mettre à sa place et d’essayer de voir ce qui comptait pour elle aux différentes étapes de sa vie. Pendant des années, j’ai attendu qu’elle soit assez grande pour pouvoir l’emmener faire les activités que j’aimais, en me disant à quel point ce serait formidable de partager ces moments avec elle. Ce que je n’ai pas vu, c’est son enfance qui filait à toute vitesse tandis qu’elle devenait adulte. C’est alors que j’ai compris, trop tard, qu’elle serait adulte toute sa vie, mais enfant pendant si peu de temps. L’époque où elle me demandait de la pousser sur la balançoire ou de descendre la glissade encore une fois est révolue. Tout comme les moments où je l’attendais au bas de la pente de glissade, prêt à l’arrêter, où nous allions nager en famille et où je l’ai aidée à descendre du tremplin pour la première fois. Ces moments ne durent pas longtemps, et je suis passé à côté en espérant qu’elle atteigne l’âge que je souhaitais.
Aux nouveaux papas et à ceux qui le deviendront bientôt : ne précipitez rien. Profitez des goûters imaginaires, des films pour enfants, des dessins où l’on dépasse, des sauts dans les flaques et de toutes ces choses que les adultes ne font pas. Avant même de vous en rendre compte, votre petit trésor vous demandera de l’argent pour l’essence et vous enverra un texto pour vous dire qu’il rentrera plus tard. Vous aurez toute sa vie adulte pour faire « vos » activités ensemble; assurez-vous de faire « les siennes » pendant qu’il est encore assez jeune pour en profiter. Et acceptez de ne pas toujours tout faire parfaitement : c’est l’ensemble de vos efforts qui compte. Faites tout votre possible pour être constamment présents pour lui.





