Movember au fil des ans : les réflexions de Neil Orr

Neil Orr x Movember

Neil Orr

Pour le Mo Bro Neil Orr, l’aventure Movember est profondément enracinée dans sa vie : depuis près de 20 ans, Neil se laisse pousser la moustache pour soutenir la santé masculine, une tradition qu’il a commencée en 2004.

Depuis, Neil a connu de nombreuses épreuves et victoires, notamment un diagnostic de cancer de la prostate, la participation à plusieurs fundraisers de sensibilisation au cancer et son engagement comme membre de l’équipe de soutien par les pairs de la York Region Critical Incident Stress Team, et bien plus encore. Après près de deux décennies, Neil s’est installé avec nous dans le fauteuil du barbier pour nous faire part de ses expériences et des leçons qu’il a tirées sur la communauté, la santé mentale et le cancer de la prostate.

Qu’est-ce qui te motive à participer à Movember?

J’ai toujours considéré Movember, tout comme les autres activités de fundraiser et de sensibilisation au cancer auxquelles j’ai participé, comme le Ride to Conquer Cancer et le rasage de tête de Cops for Cancer, comme un investissement dans mon avenir. Étant donné la prévalence du cancer, il faut se dire qu’il est fort probable qu’on soit touché par une forme ou une autre de la maladie au cours de sa vie.

Neil, tu as participé à tellement de campagnes Movember, et nous t’en sommes reconnaissants! Comment s’est passée ta première expérience, et as-tu des anecdotes marquantes sur Movember?

Ma première expérience remonte, je crois, à 2004 (ou à peu près à l’année où Movember a été lancé au Canada). À l’époque, je siégeais au comité exécutif de notre association policière. Nous nous sommes lancés à fond dans l’aventure, et j’ai aidé à organiser nos soirées de lancement et de clôture. J’ai porté la moustache de 1984 à 1994, jusqu’au jour où je l’ai rasée sur un coup de tête. Mes filles ont été pour le moins sous le choc. En 2004, j’ai décidé de retenter l’expérience. La camaraderie au sein du groupe, combinée à la motivation de sensibiliser les gens et d’amasser des fonds, a rendu l’expérience à la fois amusante et enrichissante.

Pendant ton parcours de diagnostic et de traitement, sur quelles personnes et ressources dans ta vie as-tu pu compter?

Eh bien, commençons par le Dr Di Costanzo de Markham Urology. On ne s’engage pas dans un parcours comme celui-là sans d’abord entendre ces mots : « Vous avez un cancer de la prostate. » Son ton exprimait à la fois son inquiétude et sa détermination à « déployer tous les moyens possibles » pour combattre ma maladie. Mon taux d’APS était de 58 et mon score de Gleason, de 9. J’avais besoin d’un médecin aussi déterminé à me guérir que je l’étais à retrouver la santé. On m’a remis un guide sur le cancer de la prostate à lire à la maison. On m’a aussi dirigé vers des oncologues du Sunnybrook Hospital et du Southlake Hospital, à Newmarket. Le Dr Louis Fenkell est devenu mon radio-oncologue et supervise ma radiothérapie externe au Stronach Regional Cancer Centre de Southlake. Leur franchise, leur volonté de répondre à toutes mes questions et les documents qu’ils m’ont fournis pour approfondir mes recherches m’ont permis de me sentir mieux informé et davantage maître de mon destin.

Ma femme Heather et moi formons une équipe dans tous les sens du terme. Il y a près de 10 ans, nous avons traversé ensemble son parcours face au cancer, et nous traversons aussi celui-ci ensemble. Ma famille est le ciment qui nous unit. Nos deux filles, Alex et Hilary, ont pris le relais et allégé le fardeau à la maison, ce qui m’a permis de me rétablir et à Heather de me soutenir.

Mon cercle d’amis m’a profondément touché, c’est le moins qu’on puisse dire. Leur immense soutien, leurs ondes positives, leurs offres de m’aider avec n’importe quoi et leurs prières m’ont encouragé et rempli de gratitude de les avoir dans ma vie. Dans le véritable esprit de Movember, j’ai eu la chance de voir des hommes communiquer avec moi et me raconter leurs histoires très personnelles de diagnostic, de décisions concernant leur traitement et de rétablissement. Encore à fleur de peau, ils m’ont accompagné à travers le récit de leur parcours et m’ont tous rappelé que, quels que soient mes choix, je devais les assumer pleinement. Je leur en suis profondément reconnaissant.

Comment en es-tu venu à t’impliquer comme membre du soutien par les pairs au sein de l’équipe de gestion du stress lié aux incidents critiques de la région de York?

Eh bien, un peu comme lorsque j’ai commencé à participer aux campagnes de sensibilisation au cancer, j’ai d’abord vu mon travail au sein de l’équipe comme un investissement dans ma santé mentale future. Je me suis joint à l’équipe et j’ai suivi la formation requise en soutien par les pairs. J’ai participé à de nombreuses séances de débreffage à la suite d’incidents critiques, jusqu’à ce que je reçoive finalement un diagnostic de trouble de stress post-traumatique (TSPT). J’ai pu appliquer à ma propre situation la formation que j’avais reçue et l’expérience acquise auprès des autres, ce qui, j’en suis convaincu, a accéléré mon rétablissement.

Si tu pouvais revenir en arrière et donner un conseil ou transmettre une leçon de vie à Neil lors de sa première année comme Mo, que lui dirais-tu?

Ne prends jamais de pause quand vient le temps de faire pousser le Mo! En novembre 2020, j’ai fait une pause de moustache et, à la mi-novembre, j’ai reçu mon diagnostic. Ça va sans dire : ma lèvre supérieure ne sera plus jamais dégarnie en novembre.

J’ajouterais aussi ceci : ne sous-estime jamais l’impact que tes efforts peuvent avoir sur des personnes que tu ne sais même pas avoir rejointes. Le dialogue qu’amorce cette campagne pourrait très bien changer la vie de quelqu’un.

Quels sont les plus grands défis que tu as rencontrés dans ta vie? Comment les as-tu surmontés?

Comme tout le monde, j’ai dû relever de nombreux défis. Heather et moi avons traversé ensemble l’épreuve de l’infertilité et avons adopté nos deux filles. Nous avons affronté ensemble son parcours contre le cancer. Nous avons aussi vécu ensemble la perte de nos parents emportés par la démence.

Je crois que ce qui m’a permis de surmonter ces épreuves, c’est que je n’ai pas laissé ces situations définir qui j’étais. Quelques heures à peine après que le Dr D m’a annoncé mon diagnostic, je me suis mis à chercher un sens à tout ça. Je ne me suis pas laissé abattre par la nouvelle en me demandant : « Pourquoi moi? » Je me suis plutôt dit : « Pourquoi PAS moi? » Pourquoi ne pas donner le cancer à quelqu’un qui a la capacité de se battre, physiquement et mentalement? Je n’ai jamais laissé le cancer définir qui je suis; ce n’est qu’une maladie que j’ai. J’ai promis au Dr D que je me battrais de toutes mes forces et que je serais là pour quiconque aurait besoin d’une oreille attentive. Je me suis engagé à faire connaître mon histoire à tous les gars que je rencontre. Savoir, c’est pouvoir, et dans ce combat, il t’en faut une sacrée dose.

Quelle est l’une des conversations les plus marquantes que tu as eues avec un ami, un membre de ta famille, un coéquipier, etc.?

Ce diagnostic m’a permis d’amorcer des conversations avec des amis, des membres de ma famille et des connaissances sur un sujet que peu de gens sont à l’aise d’aborder. J’ai ainsi pu renseigner de nombreuses personnes sur l’anatomie masculine et le fonctionnement de certaines parties de notre corps. J’ai aussi tenu à leur faire comprendre très clairement l’importance de demander à leur médecin de passer un test de l’APS. Ça me réchauffe le cœur et me met les larmes aux yeux quand des gars m’envoient leurs résultats par texto, généralement accompagnés d’un « merci, Neil. Je ne l’aurais pas fait sans toi ». Il me serait donc pratiquement impossible de ne retenir qu’une seule conversation marquante. Je ne vois rien de plus marquant que de savoir que des gars passent un test de dépistage et posent des questions à leur médecin.

En passant, j’ai conclu un pacte avec le Dr D. Je lui ai dit qu’il lui suffisait de me garder en vie assez longtemps pour que je voie les Maple Leafs remporter la Coupe Stanley. Je prévois donc encore de nombreuses années en bonne santé.

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Publié le 3 nov. 2021
Mis à jour 31 août 2026

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