Mo Bro Eden Rosenberg parle de briser les préjugés
Eden Rosenberg
Eden, ambulancier paramédical à Toronto et Mo Bro depuis 11 ans, témoigne de son expérience avec le trouble de stress post-traumatique (TSPT).
« Je pense qu’on est exposés à beaucoup plus de choses que la grande majorité des gens dans le monde. »
« Pour les paramédics, les membres des forces de l’ordre, les pompiers — bref, tous les premiers répondants —, ce n’est pas possible de se permettre une mauvaise journée. Des gens peuvent perdre la vie parce que tu as eu une mauvaise journée, et ça, c’est inacceptable. »
Eden a parlé ouvertement des répercussions de son travail sur sa santé mentale et se dit fier de la façon dont les premiers répondants au Canada abordent maintenant ces enjeux.
« On voit beaucoup de traumatismes. Pas nécessairement un incident traumatisant, mais plutôt ce que nous-mêmes considérons comme traumatisant. C’est 30 ans à travailler comme ambulancier paramédical et à voir des choses vraiment terribles. Il n’y a pas un événement en particulier qui ressort, mais toute cette expérience entraîne de l’anxiété et du stress. »
En repensant à sa vie avant d’avoir reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique (TSPT) en 2014, Eden se souvient : « J’étais en colère. J’étais déprimé. J’étais anxieux. Je ne comprenais pas pourquoi ça m’était arrivé. Je me sentais abandonné. Bref, tous les éléments étaient réunis pour créer une tempête parfaite, et je me suis dit : “Ce que je fais en ce moment ne fonctionne pas. Je dois suivre une thérapie. Je dois parler à un professionnel.” »
« J’ai reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique aigu après avoir subi une très grave agression alors que je travaillais dans le domaine de la santé mentale. Même si ce n’était pas il y a si longtemps, il était beaucoup plus difficile de s’y retrouver dans le système. Les ressources n’étaient pas là. Et surtout, en tant qu’homme, on me disait de passer par-dessus; que ça faisait partie de mon travail et que je devais prendre sur moi. Ce n’était pas une approche saine. »
« Le trouble de stress post-traumatique peut prendre de nombreuses formes. Pour certaines personnes, ce sont des flashbacks. De la dépression. De l’anxiété. De la colère. Il n’y a pas de solution universelle. Chaque personne le vit à sa façon. »
« Cette mentalité qui consiste à dire “sois un homme” n’était pas viable. Les gens ne sont pas capables de vivre comme ça. [Dans le secteur], les taux de suicide montaient en flèche, et tout le monde, de l’équipe de direction au personnel paramédical de première ligne, voyait que les choses devaient changer. Et je pense que le plus important, c’est d’ouvrir le dialogue. »
« Le fait que de grands et costauds policiers et pompiers viennent te voir après une intervention et te disent : “Hé, c’était terrible. Parlons-en.” C’est une expérience dont on peut tirer des leçons. »
« Il n’y a aucune honte à avoir. Il n’y a aucun préjugé. Nous sommes une famille. Personne ne va te juger parce que tu as des émotions. Parles-en, tout simplement. C’est aussi simple que ça. »
Eden s’implique auprès de Movember depuis 2010 et a amassé près de CA$24,000 au total pour changer le visage de la santé masculine. Aide Eden à atteindre son objectif de collecte de fonds pour 2020 en faisant un don à l’adresse suivante : https://ca.movember.com/mospace/713224
Movember a fait de la santé mentale des vétérans et des premiers répondants une priorité à l’échelle mondiale. En partenariat avec The Distinguished Gentleman's Ride, un nouveau program de subventions visant à améliorer la santé mentale et le bien-être des vétérans et des premiers répondants a été lancé dans six pays : le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Irlande, le Royaume-Uni et les États-Unis. Pour en savoir plus, visite movember.com/vfrgrants. La date limite pour soumettre une demande est le 23 novembre à 17 h (HE).





