Le Mo Bro Joshua Pound parle des répercussions de la COVID-19 sur les paramédics

Légende de Joshua Pound, des Services paramédicaux de Peel

Joshua Pound

Pour Joshua Pound, capitaine des paramédics de Peel et partisan de Movember depuis plus de dix ans, la COVID-19 a mis à rude épreuve la santé mentale et physique, c’est le moins qu’on puisse dire.

Joshua s’est assis avec nous dans le fauteuil de barbier pour nous parler de ce qu’il a appris sur l’importance de communiquer avec les autres, des défis auxquels il a fait face comme ambulancier paramédical, de ce qui le motive à participer à Movember et de bien plus encore.

À quel moment as-tu su que tu voulais devenir paramédic?

J’ai voulu être paramédic toute ma vie. Mon père était paramédic, tout comme l’un de mes grands-pères. J’ai toujours senti que ce métier me convenait bien, car je m’épanouis dans des environnements changeants et j’aime vraiment aider les gens et, avec un peu de chance, réussir à les faire sourire.

Quels sont les plus grands défis que tu as rencontrés dans ta vie? Comment les as-tu surmontés?

La plupart des moments les plus difficiles que j’ai vécus étaient liés, directement ou indirectement, à mon travail comme paramédic. Personne n’appelle les paramédics parce que tout va bien. Il est donc très difficile de savoir que, chaque fois qu’on nous appelle, nous serons exposés d’une façon ou d’une autre à la douleur et à la souffrance.

Certaines personnes arrivent à rentrer chez elles après leur journée et à laisser le travail au travail, mais ce n’est pas le cas pour les paramédics. Les nuits tardives, les mauvaises habitudes alimentaires ainsi que l’épuisement mental et physique finissent par nous peser, et nos familles en subissent aussi les contrecoups.

Pour ma part, j’ai réussi à en atténuer quelque peu les effets grâce à énormément de communication avec mes proches, à beaucoup plus de patience et de compréhension de leur part, ainsi qu’envers moi-même. Je crois fermement aux bienfaits de la pleine conscience et j’encourage toutes les personnes que je peux à trouver le courage de demander de l’aide lorsqu’elles en ont besoin. Cette aide existe; il suffit d’avoir confiance qu’il y a des gens qui nous tendront la main.

Qu’est-ce qui te motive à participer à Movember?

J’ai commencé à participer à Movember il y a environ 13 ans, parce que je trouvais qu’il y avait un soutien public extraordinaire pour la santé des femmes (et c’est tout à fait normal), mais très peu pour celle des hommes. Au fil des ans, Movember a gagné en visibilité et créé davantage de programs, notamment en matière de soutien en santé mentale. Ça a vraiment nourri mon enthousiasme et, chaque année, j’ai hâte de recommencer.

Quelle est l’une des conversations les plus marquantes que tu as eues avec un ami, un membre de ta famille, un coéquipier, etc.?

Comme je l’ai mentionné précédemment, trop d’hommes ont de la difficulté à parler de santé mentale et, d’après mon expérience, c’est encore moins courant chez les hommes qui travaillent comme premiers répondants. J’ai eu de nombreuses occasions de discuter avec mes collègues et de les soutenir dans leurs difficultés liées à la santé mentale. J’ai notamment eu quelques conversations très profondes avec certains de mes collègues qui vivaient de l’épuisement professionnel en raison de la pandémie de COVID-19, en plus de facteurs de stress à la maison.

Quelles répercussions la COVID-19 a-t-elle eues sur ton travail et ta santé mentale, ainsi que sur ceux de tes collègues paramédicaux de la région de Peel?

La COVID-19 a été extrêmement éprouvante pour nos paramédics. Le simple fait de devoir porter de l’équipement de protection individuelle pendant presque tout leur quart de travail est épuisant. Ajoutons à cela la distanciation physique, l’augmentation du nombre d’appels — et donc la diminution des temps d’arrêt —, l’inconfort de transpirer constamment sous l’équipement de protection, puis l’impossibilité de prendre une pause-repas ou même de finir son quart à l’heure prévue : la situation a été tout simplement brutale. Ce qui rend les choses encore plus difficiles, c’est que des collègues se tournent maintenant vers nous pour obtenir de l’aide et du soutien, alors que nous avons nous-mêmes besoin d’aide et avons déjà du mal à prendre soin de nous, encore moins de quelqu’un d’autre… Il devient très facile de décrocher, tant sur le plan émotionnel que physique.

Les paramédicaux font face chaque jour à des situations intenses et potentiellement dangereuses. Quels processus ou quelles ressources sont en place pour les aider à préserver leur santé mentale et à surmonter les difficultés, particulièrement pendant la pandémie?

Malheureusement, en raison de la COVID-19, bon nombre des ressources auxquelles nous avons habituellement recours pour réduire notre stress ou prendre soin de notre santé mentale sont fermées. Les centres d’entraînement, les lieux de rencontre, les restaurants et d’autres moyens sains de composer avec le stress ne sont plus aussi facilement accessibles. En tant que paramédics, nous avons accès à certaines options de counselling, notamment Homewood et Boots on the Ground, et nous pouvons prendre un congé pour cause de stress au besoin. Cependant, dans notre domaine, je constate que beaucoup attendent trop longtemps avant de demander de l’aide. La stigmatisation est encore bien réelle et rend parfois la recherche d’aide d’autant plus difficile.

Quels sont les principaux obstacles auxquels tu as fait face comme capitaine de l’équipe Movember des paramédics de Peel?

Maintenir la motivation des gens et réussir à les motiver, c’est difficile, surtout pendant cette pandémie. Tout le monde est tellement épuisé que le simple fait de se rendre au travail est difficile. Leur demander ensuite d’« être de bonne humeur et enthousiastes », de faire un effort supplémentaire et de fundraise peut être ardu. Même si les gens appuient vraiment la cause, ils sont fatigués et manquent d’énergie pour participer, même à des activités amusantes. Trouver de nouvelles façons originales de motiver les gens peut parfois être difficile, mais m’entourer des bonnes personnes m’a vraiment aidé, et l’aide et le soutien que j’ai reçus ont été extraordinaires. Parmi les autres obstacles, il y a eu la gestion du temps, les priorités concurrentes et, bien sûr, la COVID-19, qui a mis un frein à bon nombre de nos idées en raison des mesures sanitaires obligatoires.

Avec tout ce que tu sais maintenant et les expériences que tu as vécues, que dirais-tu à la personne que tu étais plus jeune?

  1. Tu as le droit de ressentir ces émotions et de les exprimer. Joie, tristesse, colère, douleur… peu importe, elles sont toutes légitimes.
  2. Trouve de bons amis et garde-les près de toi; tu auras besoin d’eux plus tard.
  3. Sois gentil avec les gens qui t’entourent. Tout le monde traverse des difficultés, y compris toi… n’apprécierais-tu pas un sourire, un coup de main, un peu de compréhension?
  4. N’aie pas peur de te passionner pour quelque chose et de tenter ta chance. Tu regretteras plus tard de ne pas l’avoir fait.

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Publié le 10 nov. 2021
Mis à jour 31 août 2026

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