L’histoire de Rob : le grand impact des liens créés dans le quartier Little Village de Chicago

Robert Castaneda
Program pour les jeunes hommes, financé par Movember
Ma femme et moi, nous n’avions jamais eu l’intention de créer un organisme sans but lucratif. Nous avons emménagé à Little Village en 1998. Historiquement, c’est une communauté immigrante. C’est le quartier le plus jeune et le plus densément peuplé de Chicago. Little Village est notamment un quartier dynamique, prospère et riche sur le plan culturel. Mais il est aussi aux prises depuis longtemps avec la violence dans les lieux publics. Comme il y a beaucoup de jeunes et pas toujours beaucoup d’activités qui leur sont offertes, le contexte a en quelque sorte favorisé l’émergence de gangs et de leurs activités. Depuis cinquante ans, une rivalité oppose des gangs de l’est et de l’ouest du quartier. Notre program, Beyond the Ball, est situé au cœur de ces secteurs rivaux.
C’était un endroit très dangereux. Les parents ne voulaient pas que leurs enfants jouent dehors ici, parce qu’ils avaient peur de les laisser faire. Ces conflits systémiques qui perdurent sont très traumatisants. Une grande partie de cette violence touche les jeunes hommes — nos garçons. Beyond the Ball déploie donc des efforts très ciblés pour favoriser la santé mentale, développer l’intelligence émotionnelle et créer des espaces publics sécuritaires pour les personnes de ce quartier.
Il y a ce qu’on appelle la pyramide des besoins de Maslow, tu vois? Au sommet de la pyramide, il y a l’accomplissement de soi et la conscience de soi, et c’est là que nous espérons amener nos jeunes, pour qu’ils puissent avoir ces conversations sur les traumatismes et la santé mentale. Nous voulons que ces jeunes arrivent à réfléchir à leurs propres choix, à apporter leur contribution et à devenir des membres productifs de la société.
Mais pour pouvoir voir tes propres besoins et ceux des autres sous cet angle, tu dois satisfaire les besoins des autres niveaux de cette pyramide. Les besoins humains fondamentaux, essentiels. « Est-ce que j’ai mangé? Est-ce que j’ai un endroit où dormir? » Et une fois ces besoins comblés, la question devient : « Est-ce que je me sens en sécurité? » C’est là où nous en sommes dans le travail de développement communautaire par le sport et le jeu que mène Beyond the Ball. Quand nous avons commencé ce travail, bon nombre de nos programs se déroulaient à l’intérieur, dans des environnements contrôlés. Mais même si nous tissions d’excellents liens avec ces jeunes et constations beaucoup de progrès, si les seuls moments où ils se sentaient en sécurité étaient ceux où nous leur ouvrions les portes, ils ne pourraient jamais se sentir régulièrement en sécurité. C’est pourquoi nous avons commencé à travailler dans les espaces publics.
Comment pouvons-nous miser là-dessus pour que les espaces publics de notre communauté soient perçus comme sécuritaires? La science nous apprend que lorsqu’on fait de l’activité physique pendant au moins quinze minutes, notre cerveau libère des substances chimiques positives qui nous aident à nous sentir mieux. Cela nous aide à renforcer notre résilience face à des situations comme le stress chronique et les traumatismes.
Le principal facteur qui détermine si un jeune deviendra un membre actif de la société, c’est la présence dans sa vie d’un adulte bienveillant. Notre program nous permet donc de créer ce genre d’environnement, avec des mentors de différents âges et genres. Nous offrons aux jeunes un espace sécuritaire où ils peuvent mieux comprendre leurs émotions, ce qu’ils ressentent et les traumatismes qu’ils ont vécus. Nous leur donnons aussi des outils pour développer des façons de penser qui les aideront à surmonter ces traumatismes, dans un milieu où ils sont entourés d’adultes qui se soucient réellement de leur bien-être.
Habituellement, dans cette communauté, quand les gens voient de jeunes hommes, ils pensent « problème » ou « danger ». À mon avis, le projet Making Connections de Movember peut avoir une incidence sur la culture de notre communauté grâce à ce travail intentionnel auprès de ces jeunes hommes. Il leur permet de développer leur intelligence émotionnelle, de comprendre que ces stéréotypes ne découlent pas de leurs actions et de devenir des leaders à part entière. Nous avons tendance à former les membres de notre personnel et nos mentors à mesure qu’ils grandissent. En plus de participer au program, ils contribuent à la planification et à la mise en œuvre des activités.
Mon objectif, c’est d’avoir un quartier sécuritaire et des jeunes qui contribuent à le rendre ainsi. Que les personnes qui grandissent dans notre communauté se voient comme faisant partie de la solution à nos défis communs. Pour cette génération de jeunes, ce secteur – marqué par une longue histoire de violence et de rivalité – n’est pas un endroit dangereux. Pour eux, c’est simplement un endroit où ils viennent jouer. C’est ici que les parents veulent que leurs enfants jouent.
Beyond the Ball est l’un des cinq programs que Movember contribue à soutenir dans le cadre du projet Making Connections. Découvre l’impact de Movember à movember.com/impact.




