L’histoire de Fraser : fie-toi à ton instinct

Fraser Mancey
Le cancer des testicules est le cancer le plus courant chez les jeunes hommes. Écoute Fraser, un survivant du cancer, parler de son traitement et de son rétablissement.
Un mois avant mon 25e anniversaire, j’ai reçu un diagnostic de cancer des testicules.
J’avais terminé mes études universitaires depuis quelques années à peine, et le cancer était bien la dernière chose à laquelle je pensais devoir faire face au milieu de la vingtaine. Au cours des deux années précédant mon diagnostic, j’avais ressenti une douleur sourde dans un testicule, qui apparaissait et disparaissait sans raison apparente. J’ai lu et fait des recherches, me convainquant que tout cela était attribuable à une cause bénigne et que je n’avais pas besoin d’en parler à qui que ce soit ni de consulter mon médecin.
Au fond, si j’évitais d’en parler, c’était par gêne. J’étais embarrassé et j’avais honte d’aborder le sujet, et il m’a fallu deux ans avant de finalement trouver le courage de consulter mon médecin. L’examen effectué par mon médecin n’a rien révélé d’évident, alors on m’a envoyé passer une échographie. Comme cela me causait aussi beaucoup d’anxiété, j’ai attendu près de trois mois avant d’y aller.
Après avoir enfin trouvé le courage de passer l’échographie, il n’a fallu qu’une journée avant que mon médecin m’appelle pour m’annoncer que l’examen avait révélé une « masse ». Comme je travaille moi-même dans le domaine médical, je savais ce que cela signifiait probablement. Une semaine plus tard, je rencontrais mon chirurgien et mon urologue, qui assure encore mon suivi aujourd’hui. Même si je savais que cette nouvelle allait probablement tomber, j’ai eu l’impression que le monde s’arrêtait la première fois qu’on m’a annoncé que j’avais un « cancer »; j’en ai eu la nausée. Au cours des semaines qui ont suivi, j’avais l’impression que le temps avançait au ralenti. Dormir est devenu difficile, et même des choses simples comme prendre mes repas et nettoyer l’appartement me semblaient être des tâches monumentales.
Après un mois d’attente, j’ai subi une opération qui s’est très bien déroulée et qui a permis de retirer mon testicule droit ainsi que la tumeur qu’il contenait. Il s’est avéré que j’avais une tumeur à cellules de Leydig à un stade précoce (un type rare de tumeur qui représente de 1 à 3 % des cancers du testicule). Ces tumeurs évoluent généralement lentement, mais lorsqu’elles se sont propagées, elles répondent habituellement peu à la chimiothérapie ou à la radiothérapie. J’ai été extrêmement chanceux. Deux ans, c’est amplement suffisant pour que la plupart des cancers, s’ils ne sont pas traités, atteignent un stade avancé ou terminal. Prendre conscience que ma gêne et mon hésitation à consulter mon médecin auraient pu me coûter la vie a été dévastateur, et j’ai encore du mal à l’accepter.
Ne laisse pas la chance décider de ton sort. Écoute ton corps et fie-toi à ton instinct. Même si tu n’es pas certain que quelque chose ne va pas, prends rendez-vous et joue de prudence. Ce premier examen ou test peut être inconfortable, mais la détection précoce du cancer des testicules (et d’autres cancers) peut faire toute la différence entre la vie et la mort dans ton pronostic.
La santé des hommes fait encore l’objet de beaucoup de stigmatisation, mais ensemble, nous pouvons faire tomber ces préjugés. En lançant la conversation et en prenant ta santé en main, tu donnes un exemple inspirant aux autres hommes qui vivent peut-être leurs propres difficultés. Prends soin de toi, demande de l’aide quand tu en as besoin et sois là pour les gars de ton entourage quand ils ont besoin de toi.





