Faire face aux enjeux de santé mentale en tant qu’athlète olympique

Tyler McGregor
Alors que les Jeux olympiques de Tokyo 2020 battent leur plein, la sensibilisation à la santé mentale des athlètes olympiques n’a jamais été aussi grande, certains athlètes se retirant de la compétition pour donner la priorité à leur bien-être mental.
Les athlètes de haut niveau peuvent subir une pression extrêmement forte liée à la sélection, à l’attention du public, aux blessures et à une retraite prématurée, ce qui peut entraîner des problèmes de santé mentale, notamment l’épuisement professionnel, les troubles alimentaires, la dépression et l’anxiété.
Nous avons discuté avec des athlètes olympiques et paralympiques, d’hier et d’aujourd’hui, des quatre coins du monde, pour en savoir plus sur leur expérience de la compétition au plus haut niveau et connaître leurs conseils pour prendre soin de leur santé mentale.
Damon Kelly, champion australien d’haltérophilie, nous a expliqué l’importance de la communauté pour préserver sa force mentale pendant les Jeux :
« L’haltérophilie et sa communauté m’ont énormément aidé au fil des ans, et c’est encore le cas aujourd’hui, même après la fin de ma carrière d’athlète. L’haltérophilie est un sport extrêmement exigeant, tant sur le plan physique que mental. J’ai trouvé très utile de pouvoir compter sur le soutien d’une communauté de personnes qui partagent les mêmes valeurs, puisqu’elles ont vécu des situations semblables aux tiennes.
Parfois, on se voyait plus souvent qu’on voyait nos propres familles, et ça faisait vraiment du bien de savoir qu’on pouvait compter les uns sur les autres. À certaines occasions, on s’entraidait davantage dans notre vie personnelle que pour notre cycle d’entraînement ou la compétition du moment."
Iwan Thomas, membre de l’Ordre de l’Empire britannique, champion du monde d’athlétisme et médaillé d’argent olympique a parlé à Movember de ses difficultés de santé mentale après qu’une carrière marquée par les blessures l’a forcé à prendre sa retraite.
« J’ai traversé de nombreuses années sombres, mais à l’époque, je ne l’admettais pas parce que j’avais l’impression que c’était un signe de faiblesse de dire : “Écoutez, est-ce que quelqu’un peut m’aider? Je ne vais pas bien.” Je pensais, à tort, que mes amis me répondraient : “Pourquoi serais-tu déprimé? Regarde ta voiture rutilante.” J’avais peur qu’ils me jugent, alors j’ai tout gardé en dedans. »
Iwan reconnaît qu’en matière de santé mentale, il a appris que parler de sujets difficiles avec ses amis peut vraiment faire une différence. Avec le recul, il aurait aimé s’ouvrir davantage plus tôt.
Écoute la conversation au complet ici.
Le paralympien canadien Tyler McGregor a reçu un diagnostic de cancer des os à 15 ans et a dû être amputé de la jambe gauche moins de deux mois après son 16e anniversaire. Il a ensuite remporté deux médailles pour le Canada aux Jeux paralympiques. Nous avons demandé à Tyler comment il se prépare mentalement à participer aux Jeux paralympiques.
« Pour ces Jeux paralympiques, tout comme pour nos Championnats du monde qui viennent de se terminer, une grande partie de ma préparation mentale repose actuellement sur la visualisation. Nous avons eu peu d’occasions de participer à des compétitions au cours des deux dernières années. Pour me préparer, je dois donc notamment essayer de recréer mentalement des scénarios de match. Je pense aussi qu’il est important d’essayer de rester le plus possible dans le moment présent pendant la préparation aux Jeux. Il est facile de se laisser emporter par toute l’effervescence, tant à l’approche des Jeux que pendant les compétitions. La méditation sera probablement ma meilleure alliée d’ici là pour m’aider à rester dans le moment présent. »
Découvre l’entrevue complète ici.
En décembre 2018, la vie ne pouvait pas mieux aller pour le nageur olympique américain Nathan Adrian. Il venait de se marier et s’entraînait dans l’espoir de participer à ses quatrièmes Jeux olympiques, à Tokyo en 2020. Puis, un imprévu est survenu. Il a remarqué une bosse sur l’un de ses testicules et a décidé de la faire examiner. Peu après, Nathan passait des tests et recevait un diagnostic de cancer testiculaire. Moins d’un an et deux opérations plus tard, Nathan était de retour dans la piscine pour s’entraîner en vue de Tokyo 2020.
« Nous avions déjà consacré beaucoup d’efforts à notre préparation pour Tokyo 2020. Il ne faisait donc aucun doute qu’après mon traitement, j’allais au moins tenter ma chance. J’aime encore croire que je peux continuer à m’améliorer. »
La famille de Nathan attribue son retour à l’entraînement malgré l’adversité à son attitude mentale positive : « Il a gardé un état d’esprit tellement positif tout au long du processus. Il s’est vraiment efforcé de voir le bon côté des choses et de se concentrer sur ce qu’il pouvait contrôler. Son optimisme m’impressionnait chaque jour. »





