Briser le silence : l’histoire de Kazuki Terizawa

Kazuki Terizawa
Comment donner forme à quelque chose qui n’en a pas?
Quand j’étais jeune, dans notre famille, on ne parlait pas de dépression. On parlait de nos émotions et on se disait comment on se sentait, mais la dépression n’était pas vraiment un « concept » pour nous.
En tant qu’artiste verrier, j’ai commencé à donner forme à mes difficultés de santé mentale au début de la vingtaine. Sur la recommandation d’un ami, j’ai suivi une thérapie pour la première fois afin de traiter ma dépression. Même si, dans l’ensemble, mon expérience en thérapie a été positive, chaque jour était différent. Certains jours, j’avais l’impression de ne faire aucun progrès, tandis que d’autres se passaient mieux, mais dans l’ensemble, j’en ai tiré de nombreuses leçons.
Quelques années plus tard, j’ai appris que j’avais un trouble bipolaire de type II, caractérisé par des épisodes de dépression et d’hypomanie. Quand je l’ai appris, je me souviens avoir ressenti des émotions partagées : de la colère, de la tristesse, du soulagement et de la frustration.
Au début, j’avais l’impression que suivre une thérapie était un signe de faiblesse, mais à mesure que j’en apprenais davantage, j’étais reconnaissant d’avoir été orienté dans cette direction.
Mon parcours a été jalonné de nombreuses expériences marquantes. En 2015, ma façon d’aborder mes réflexions et ma carrière a changé radicalement après un voyage au Japon durant lequel j’ai pris soin d’un membre de ma famille qui avait des idées suicidaires, une situation qui a profondément bouleversé toute notre famille.
En tant qu’artiste verrier, j’ai commencé à créer des œuvres d’art à l’école comme moyen de reprendre confiance en moi et de trouver un exutoire thérapeutique. Je continue à le faire pour composer avec le trouble bipolaire et contribuer à déstigmatiser la maladie mentale. Malgré les défis, les hauts et les bas sont une importante source d’inspiration pour les œuvres que je crée aujourd’hui.
En 2015 et en 2017, mes expositions « Briser le silence » visaient justement à briser le silence et les préjugés entourant le trouble bipolaire, le suicide et les problèmes de santé mentale.
Quand tu vis avec un trouble bipolaire, une dépression ou tout autre problème de santé mentale, il est facile de penser que tu es seul. En tant qu’artiste verrier et travailleur, je me souviens d’avoir appris mon diagnostic de trouble bipolaire et de m’être demandé : « Qu’est-ce que les autres vont penser? Est-ce que je vais perdre mon emploi? »
Pour moi, vivre avec un trouble bipolaire est un combat de tous les instants. Chaque fois que je présente une exposition avec de nouvelles œuvres devant un nouveau public, ou que je dirige le studio KT Glassworks, je dois franchir différentes étapes pour prendre soin de ma santé mentale.
Alors, comment donner forme à ce qui n’en a pas? Mettre des mots sur ses émotions et ses difficultés est la première étape; la suite est un parcours constant où l’on façonne, brise, construit et apprend.
Si tu traverses une crise ou as besoin de soutien émotionnel, ou si c’est le cas d’une personne que tu connais, nous t’encourageons vivement à consulter movember.com/getsupport pour connaître les options de soutien en situation de crise. Pour parler immédiatement à quelqu’un, communique avec ton service de soutien local accessible 24 heures sur 24.





